Un Avis plutôt timide et réservé du conseil du statut de la femme, estime la FTQ

Montréal, lundi 24 janvier 2005 – Dans une lettre-mémoire à la Commission des affaires sociales sur l’Avis du Conseil du statut de la femme (CSF) intitulé Vers un nouveau contrat social pour l’égalité entre les femmes et les hommes, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) s’étonne de la démarche consultative choisie (commission parlementaire) qui apparaît davantage comme un prétexte pour reporter toute décision quant à l’avenir du CSF et du Secrétariat à la condition féminine (SCF).

Rappelons que le but de l’exercice pour le gouvernement est de dégager des orientations en matière de condition féminine pour les prochaines années.

La présente consultation occulte l’essentiel

« Pour nous, la présente consultation occulte l’essentiel, à savoir l’importance du CSF et du SCF et la pertinence de les maintenir et de les renforcer pour véritablement travailler à l’atteinte de l’égalité de fait pour les femmes.

« Les rôles et les mandats de ces deux organismes sont complémentaires et toujours essentiels pour continuer à débusquer la discrimination systémique qui persiste, faire valoir les réalités différentes vécues par les hommes et par les femmes et le nécessaire rattrapage qui s’ensuit pour les femmes », explique M. René Roy, secrétaire général de la FTQ, dans la lettre expédiée récemment à la ministre Michelle Courchesne.

Un changement qui équivaut à un recul

Estimant que l’Avis du CSF est plutôt timide dans ses propositions et pour le moins réservé sur tous les efforts du mouvement des femmes du Québec – y compris dans les syndicats – au fil des ans pour faire avancer la cause des femmes, la FTQ aurait voulu plus d’insistance sur toutes les discriminations à l’égard des femmes et sur les inégalités qui persistent, sur tout le rattrapage encore à faire en vue de l’égalité pour les femmes, sur les reculs aussi des derniers temps.

« Au moment où les acquis des femmes sont sérieusement fragilisés, un changement aux missions et mandats du CSF et du SCF équivaut à un recul et contreviendrait aux engagements pris par le Québec, notamment à l’égard des divers instruments internationaux auxquels il a adhéré. C’est là que devraient se situer les véritables enjeux du débat actuel, dont la nomination d’une ministre en titre à la condition féminine », fait valoir pour sa part Hélène Simard, vice-présidente de la FTQ.

Les grands absents de l’Avis du CSF

Référant à l’Avis du CSF, la FTQ le juge anormalement tronqué quand on veut sérieusement traiter d’égalité économique entre les femmes et les hommes. Il y manque des éléments importants tels que :

- La pauvreté des femmes de tous âges;

- L’appauvrissement des femmes dans un contexte de précarisation des emplois et de désengagement de l’État;

- Les reculs subis par les femmes occasionnés par les projets de loi adoptés en décembre 2003;

- Le recours facilité à la sous-traitance;

- La perte des décrets dans des secteurs très majoritairement féminins;

- L’accès de plus en plus difficile à l’assurance-emploi;

- Les attaques à l’universalité des programmes;

- Les entraves à l’accès à la syndicalisation;

- Etc.

L’État a un rôle central à jouer

« Nous sommes d’accord qu’il faille préserver les acquis et poursuivre le travail amorcé, mais les axes d’intervention doivent aller beaucoup plus loin et dans le sens de l’égalité pour les femmes. Les moyens que nous nous sommes donnés collectivement pour diminuer les écarts entre les femmes et les hommes, nous devons les compléter et les améliorer, et non le contraire. Et encore une fois, l’État a un rôle central à jouer », ont conclu René Roy et Hélène Simard.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, avec plus d’un demi-million de membres dont plus du tiers sont des femmes, suivra de près l’évolution de ce dossier jusqu’à la mise en place d’une véritable politique de la condition féminine.

Source

  • FTQ
  • http://ftq.qc.ca

Renseignements

  • Louis Cauchy
  • lcauchy@ftq.qc.ca