Sommet du G8 en Alberta en juin : Le mouvement syndical demande au premier ministre Chrétien une rencontre avec les chefs d'État

Le 27 février 2002 – La FTQ et le Congrès du travail du Canada ont demandé au premier ministre Jean Chrétien qu’à l’occasion du prochain Sommet du G8 en Alberta, en juin, les représentants du mouvement syndical international puissent rencontrer les chefs d’État pour discuter avec eux, en direct, de leurs propositions, annonce le président de la FTQ, M. Henri Massé.

M. Massé participe aujourd’hui, à Montréal, aux audiences publiques sur l’ordre du jour du prochain Sommet du G8, organisées par le Comité des Affaires étrangères et du Commerce international du Parlement canadien.

La FTQ et le CTC sont membres de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL), la grande centrale syndicale mondiale dont les dirigeants seront au Canada à l’occasion du G8.

« Nous croyons que le Canada peut faire preuve de leadership et d’ouverture quant à l’implication de la société civile et de ses représentants dans les discussions du G8 », déclare M. Massé. Le Canada, parce qu’il est le pays hôte, doit accepter cette responsabilité et tenter de la faire partager par les autres gouvernements. »

Des règles de base

Le président de la FTQ a insisté auprès des parlementaires sur les trois points suivants :

- Le développement économique et l’augmentation des échanges commerciaux ne suffisent pas, à eux seuls, à assurer le développement social. Il faut aussi tenir compte des besoins des populations, particulièrement en matière de droits au travail, de droits sociaux et de respect de l’environnement.

- Les gouvernements doivent conserver leur pouvoir de réglementation en matière économique et sociale. Ce pouvoir ne doit pas être soumis aux seules règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) mais aussi à celles d’autres organismes comme l’Organisation internationale du travail (OIT) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

- Les populations des pays concernés et les organisations de la société civile qui les représentent, dont les syndicats, doivent être informées, consultées et impliquées.

Le contrôle du capital financier

« Nous croyons qu’il est important pour les gouvernements de mieux contrôler l’accumulation du capital financier , dit M. Massé. Pour ce faire, la FTQ propose des mesures de contrôle des flux financiers internationaux comme une taxe sur les opérations monétaires (taxe Tobin), des contrôles nationaux sur les mouvements de capitaux et l’élimination des paradis fiscaux.

La FTQ propose également que soient exclus des accords commerciaux la réglementation gouvernementale (santé, environnement, travail, etc.) et les services publics, surtout la santé et l’éducation. À ce titre, la centrale demande au gouvernement canadien de faire réviser l’accord de l’ALÉNA afin d’éviter que, dans les négociations de l’OMC et de la ZLÉA, les pouvoirs des États soient encore plus restreints au profit des entreprises.

Coopération internationale

La FTQ souhaite par ailleurs une aide accrue au développement international et le respect, par les pays du G8, de leur engagement d’y investir au moins 0,7 % de leur PIB. L’effort canadien est actuellement limité à 0,26 % de son PIB.

La FTQ réclame aussi l’élimination inconditionnelle de la dette des pays les plus pauvres du monde, dont plusieurs pays africains.

La centrale demande en outre des actions majeures pour contrôler la pandémie du VIH-Sida en Afrique qui a des effets dévastateurs sur la capacité des pays africains de se développer.

La lutte au terrorisme

Les questions de sécurité et de frontières sont devenues fort importantes à la suite des attentats du 11 septembre. À cet égard, « la FTQ souhaite que le Canada propose des mesures pour assurer la fluidité aux frontières et qu’il n’attende pas de se faire imposer unilatéralement de telles mesures par les États-Unis », déclare M. Jérôme Turcq, vice-président de la FTQ et vice-président au Québec de l’Alliance de la fonction publique du Canada.

Enfin, la FTQ souligne que la lutte au terrorisme ne doit pas se faire au détriment des libertés fondamentales. Elle demande aussi au Canada d’inscrire sa politique de lutte antiterroriste dans le cadre d’un renforcement de l’ONU. « Il ne faut pas que les États-Unis décident seuls de la stratégie à mettre en œuvre dans la poursuite de cette lutte », conclut Henri Massé.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres.

Source

  • FTQ
  • http://ftq.qc.ca

Renseignements

  • Louis Fournier
  • lfournier@ftq.qc.ca