Reconstruction de l'Irak : Le mouvement syndical international demande que l'ONU joue un rôle central

Montréal, le 23 avril 2003 – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) a rendu publique aujourd’hui, à Montréal, la déclaration émise par la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) à Bruxelles, qui demande que l’ONU joue un rôle central dans la reconstruction de l’Irak.

« La FTQ souhaite vivement que cet appel soit entendu et que les Nations unies participent activement à la reconstruction économique et aussi à la construction de la démocratie en Irak », déclare M. Henri Massé, président de la FTQ, qui est également membre du conseil exécutif de la CISL.

La CISL, la grande centrale syndicale mondiale, regroupe 158 millions de membres dans 150 pays.

Déclaration de la CISL

« Après avoir déploré la décision inacceptable et injustifiée d’entrer en guerre sans l’accord des Nations unies, la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) réaffirme aujourd’hui le rôle central que doit jouer l’ONU dans la reconstruction de l’Irak. De plus, alors que ce pays émerge des horreurs de la guerre, il existe désormais, après la chute de la dictature de Saddam Hussein, une possibilité d’y développer une société démocratique fondée sur l’autorité de la loi.

« Le peuple irakien et la communauté internationale sont confrontés à la tâche énorme de la reconstruction. Une action immédiate est requise en vue de rétablir l’ordre et de pallier à la crise humanitaire. On doit adopter des mesures d’urgence pour entamer la reconstruction de l’économie et des infrastructures, restaurer les services de première nécessité et résoudre les problèmes énormes liés à l’environnement et aux autres effets négatifs du conflit.

« Depuis le début de la crise, la CISL s’est attachée à défendre le rôle des Nations unies et de son système multilatéral, fondé sur l’application du droit international, qui régit les droits de l’homme, le désarmement, les sanctions, le recours à la force militaire ainsi que tous les autres aspects liés à une intervention internationale en Irak. Seule l’ONU possède la légitimité et la crédibilité nécessaires pour appuyer et diriger le processus de construction de la démocratie en Irak. Son engagement est indispensable dans la résolution de la crise humanitaire et la reconstruction du pays.

Transition vers la démocratie

« Le droit international impose aux États-Unis, au Royaume-Uni et aux autres membres de la « coalition » des responsabilités provisoires clairement définies en vue d’assurer la stabilité, le maintien de l’ordre et le bien-être de la population. Mais au-delà de ces attributions, c’est aux Nations unies que revient la responsabilité de diriger la communauté internationale dans la reconstruction de l’économie irakienne, et de pourvoir à l’établissement d’un processus de gouvernance autonome.

Une transition aussi rapide que possible à la démocratie s’impose, sous les auspices des Nations unies, afin de permettre au peuple irakien d’assumer le plein contrôle de son destin et des énormes ressources de son pays.

« La démocratie en Irak, comme dans n’importe quel pays, doit être appuyée par la garantie du plein respect des droits de l’homme, sur la base des normes internationales. En particulier, il convient de veiller au plein respect des droits fondamentaux des travailleuses et travailleurs irakiens tout au long du processus de reconstruction et au-delà. Le développement d’un mouvement syndical libre et démocratique est essentiel pour la défense de ces droits ainsi que pour l’avenir de la démocratie. La CISL accordera tout son soutien aux efforts en ce sens des travailleuses et travailleurs irakiens.

« La reconstruction requerra des investissements privés productifs et il incombe à la communauté internationale de s’assurer que de tels investissements répondent aux intérêts du peuple irakien, et non à la convoitise du secteur privé. Des mesures concrètes devront être prises pour assurer que les entrepreneurs publics et les investisseurs étrangers adhèrent aux normes fondamentales du travail de l’OIT ainsi qu’aux principes directeurs de l’OCDE à l’intention les entreprises multinationales. De même, il convient de s’assurer que les décisions concernant la propriété à long terme et le contrôle des avoirs publics reviennent au peuple irakien.

Le conflit israélo-palestinien

« La guerre en Irak a exacerbé les tensions au Moyen-Orient. La réduction de ces tensions passe par la recherche d’une solution au conflit entre Israël et la Palestine. La communauté internationale doit agir sans plus tarder pour tenter de dégager une solution juste et durable, fondée sur l’existence de deux États souverains, conformément aux résolutions des Nations unies.

« L’étendue réelle des répercussions de la guerre sur l’économie mondiale reste à évaluer. Il incombe aux gouvernements d’agir de toute urgence pour que les incertitudes créées par le coût monumental de cette guerre n’aggravent pas les perspectives économiques déjà fragiles, avec le risque de déclencher une récession mondiale. Ceci requiert une action coordonnée à l’échelon mondial – notamment des États-Unis et de l’Union européenne – visant à stimuler la demande et la croissance. Il faut restaurer la coopération et la confiance dans le système multilatéral. Il faut aussi un engagement accru en faveur de la coopération internationale et de l’action collective, non seulement pour la reconstruction de l’Irak, mais aussi pour la relance de l’économie mondiale et la réduction des tensions dans le monde. »

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi- million de membres.

Source

  • FTQ
  • http://ftq.qc.ca

Renseignements

  • Louis Fournier
  • lfournier@ftq.qc.ca