Réaction de la FTQ au rapport de Statistique Canada : «Le chômage augmente au Québec, ce n'est pas le temps pour l'État de cesser ses interventions dans l'économie» - René Roy

Montréal, le 6 juin 2003 — «Depuis le début de l’année, le taux de chômage a grimpé au Québec de presque un point de pourcentage, de 8,4% à 9,3%. Ce n’est donc pas le temps pour le gouvernement Charest de cesser ses interventions pour soutenir l’économie et l’emploi», déclare le secrétaire général de la FTQ, M. René Roy, en réaction à la publication ce matin du rapport mensuel de Statistique Canada sur l’emploi.

Évolution inquiétante

Après une année terminée en lion en 2002, le marché du travail au Québec a évolué depuis en dents de scie. Après une baisse de 0,6% en mars, suivie d’une hausse (0,3%) en avril, le niveau de l’emploi s’est de nouveau replié de 9 300 emplois en mai, annulant ainsi les gains réalisés en avril. Comme le nombre de personnes actives sur le marché du travail est demeuré stable, le taux de chômage mensuel a donc légèrement augmenté de deux dixième de points pour se situer à 9,3%. Cette hausse du chômage et le repli de l’emploi ne sont pas des bonnes nouvelles. Les personnes qui ont joint les rangs de la population active, attirées par les perspectives encourageantes du marché du travail en 2002, sont toujours aussi nombreuses aujourd’hui, ce qui alimente les pressions à la hausse sur le taux de chômage.

Quelques signes positifs

Par rapport au même mois l’an dernier, le niveau de l’emploi a progressé de 33 900 emplois (soit 0,9%). L’analyse de l’évolution du marché du travail au Québec pour les cinq premiers mois révèle que le niveau moyen de l’emploi a progressé de 2,4%, comparé à la même période en 2002. Un autre indicateur témoigne de la vigueur relative du marché du travail : la proportion de la population québécoise occupant un emploi (taux d’emploi) se situe 59,9 %, légèrement en deçà de son sommet historique de 60,3% atteint en décembre dernier.

Le modèle québécois

«La présence au Québec d’un filet social plus développé et de programmes spécifiques d’aide aux entreprises ne signifie pas nécessairement des performances économiques moindres, déclare René Roy. La vigueur de l’économie et du marché du travail au Québec a, contre toute attente, surpassé celle du Canada et des États-Unis en 2002. Sans que nous puissions répéter ces résultats exceptionnels cette année, les experts prévoient une bonne tenue de l’économie québécoise. Cette vigueur est en grande partie imputable aux actions gouvernementales. Je ne crois pas que le modèle québécois soit à bout de souffle. Il y a peut-être lieu de réviser certains programmes d’aide aux entreprises, mais on doit le faire à l’aune de la création d’emplois. Les entreprises québécoises sont de petites taille et doivent être soutenues.»

Agir avec prudence

«Même si le Québec tire relativement bien son épingle du jeu dans un contexte où notre économie est fortement imbriquée à celle des États-Unis, il faut agir avec prudence, ajoute M. Roy. En effet, la persistance du ralentissement américain, l’embargo sur le bœuf canadien, les effets négatifs du syndrome respiratoire sévère aigu (SRAS) sur l’économie de l’Ontario — pour ne nommer que ces facteurs — risquent de freiner, directement ou indirectement, le rythme de croissance de l’économie du Québec.»

Le prochain budget

«Si, à l’occasion de son prochain budget, le gouvernement Charest cesse tout investissement et coupe radicalement ses dépenses, les effets dépressifs seront encore plus grands. Aussi la FTQ met-elle en garde le premier ministre : il ne doit pas ériger en dogme les réductions d’impôt promises par son parti si cela signifie renier le modèle québécois de soutien à la création d’emplois», conclut le secrétaire général de la FTQ.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres.

Source

  • FTQ
  • http://ftq.qc.ca

Renseignements

  • Louis Fournier
  • lfournier@ftq.qc.ca