Réaction de la FTQ au départ du premier ministre Lucien Bouchard

Montréal, 11 janvier 2001 - À la suite de l’annonce du départ du premier ministre du Québec, M. Lucien Bouchard, le président de la FTQ, M. Henri Massé, et le secrétaire général, M. René Roy, ont émis la déclaration suivante au nom de la plus grande centrale syndicale québécoise :

« C’est avec beaucoup d’émotion et de tristesse que nous avons appris la décision du premier ministre du Québec, M. Lucien Bouchard, de quitter ses fonctions. Monsieur Bouchard aura été, durant seulement cinq ans, l’un des meilleurs premiers ministres de l’histoire du Québec. C’est aussi l’un des hommes qui nous aura le plus aidé à progresser sur la route qui mène à la souveraineté du Québec, particulièrement lors du référendum de 1995.

« La FTQ a entretenu avec M. Bouchard des relations suivies, franches et constructives. C’est un homme de dialogue et de concertation qui a su nous écouter, même si nos positions étaient loin d’être toujours convergentes et si nous avons eu de solides affrontements avec lui et son gouvernement. Homme pragmatique et réaliste, il n’en a pas moins adopté des positions réformistes et progressistes dans plusieurs dossiers qui nous concernent. Ceux qui ont dit que M. Bouchard dirigeait un gouvernement de droite néo-libéral ne connaissent pas le sens des mots.

« Monsieur Bouchard a fait preuve de courage politique dans plusieurs dossiers, notamment sur la question de l’assainissement des finances publiques où il a reçu l’appui de la FTQ. Son nom restera attaché à cette bataille cruciale qu’il a finalement gagnée, ainsi qu’à des réalisations positives comme la relance de l’économie et de l’emploi, un dossier où son ouverture à l’égard de notre Fonds de solidarité a été remarquable. Il a aussi à son actif, entre autres, le succès des dernières négociations dans le secteur public, la réforme municipale et la réforme tant attendue du Code du travail qu’il a enclenchée avant son départ, et pour la réalisation de laquelle nous avons des inquiétudes justement à cause de son départ.

La souveraineté du Québec

« Lors du référendum de 1995 sur la souveraineté, le charisme et la popularité de M. Bouchard lui ont permis de jouer un véritable rôle de locomotive. Il nous a grandement aidés à atteindre presque la barre du 50 % et il aurait pu nous aider à franchir ce cap la prochaine fois. Encore aujourd’hui, il restait l’un des meilleurs hommes politiques pour faire progresser l’option souverainiste au sein de cette partie de la population québécoise qui n’en est pas encore convaincue. En cette matière, M. Bouchard n’est pas un homme des extrêmes mais un homme du juste milieu.

« Voilà ce que les ‘purs et durs’ de la souveraineté et du Parti Québécois ne semblent pas avoir compris, en particulier ces anciens combattants toujours prêts à livrer les anciennes batailles plutôt que les nouveaux combats. Il est facile de critiquer quand on n’exerce pas de responsabilités et de se comporter comme des gens de l’opposition alors que son propre parti est au pouvoir. Ceux qui ont contribué à pousser M. Bouchard vers la sortie portent une lourde part de responsabilité dans ce triste dénouement. Ils ont malheureusement compté dans leurs propres buts. Et si nous soulevons cette question à ce moment-ci, c’est pour qu’on puisse éviter la répétition de telles situations dans l’avenir.

« Quant à M. Bouchard, nous lui souhaitons tout le succès possible dans ses nouvelles entreprises. Nous espérons ardemment qu’il continuera à être à nos côtés dans la bataille, toujours inachevée, en vue de faire du Québec un pays. »

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente près d’un demi-million de membres.

Source

  • FTQ
  • http://www.ftq.qc.ca

Renseignements

  • Louis Fournier
  • lfournier@ftq.qc.ca