« Encore une fois, Québec poursuit sa privatisation du système de santé, c’est indécent ! » — Daniel Boyer, président de la FTQ

Daniel Boyer, président de la FTQ

Photo: Clément Allard

Québec se prépare à sous-traiter plus de 800 postes en soins à domicile dans la grande région de Montréal et Laval

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) dénonce vivement l’appel d’offres de SigmaSanté, un organisme chargé de gérer l’approvisionnement en commun de produits et de services pour les régions de Montréal et de Laval, et qui se prépare à donner au privé des emplois en soutien à domicile d’auxiliaires aux services de santé et sociaux (ASSS), de travailleuses et de travailleurs sociaux, d’ergothérapeutes et de physiothérapeutes. Dans un appel d’offres daté du 5 mai dernier, SigmaSanté invite, au nom des Centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux (CIUSSS) et des Centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) de Montréal et de Laval, le secteur privé à déposer des propositions pour offrir le service de soutient à domicile.

Cet appel d’offres représente plus d’un-million-cinq-cent-mille heures en sous-traitance, soit plus de 800 postes à temps plein à 35 heures semaines dans la région métropolitaine.

« Il faut appeler un chat un chat; ce qu’est en train de permettre de faire le gouvernement libéral, c’est de confier au privé les soins à domicile. Il va falloir que le gouvernement Couillard reprenne ses esprits et se prononce fermement en faveur d’un système de soins public comme la population du Québec est en droit de s’attendre, et annule cet appel d’offres », déclare le président de la FTQ, Daniel Boyer.

Ce qui ajoute l’insulte à l’injure, c’est que le mode d’attribution prévoit donner le contrat à celui qui offrira le prix le plus bas. Par exemple, une entreprise de Montréal a déjà remporté un appel d’offres à 16 $ de l’heure. « On comprend que les soins à domicile peuvent dégager des économies en évitant l’hospitalisation, mais ces économies ne doivent pas se faire sur le dos des femmes et des hommes qui sont susceptibles d’en bénéficier et des travailleuses et travailleurs qui gagnent de maigres salaires dans le privé », poursuit le président de la FTQ.

Pourtant, lors du Forum sur les meilleures pratiques en soutien à domicile des 25 et 26 mai derniers, en présence du ministre Gaétan Barrette, les intervenants universitaires et ceux sur le terrain insistaient sur l’importance de se doter d’équipes interdisciplinaires qui collaborent avec les différents intervenants. « En faisant appel au privé, on rompt les engagements que les directeurs généraux des établissements du réseau de la santé et des services sociaux ont pris lors du Forum. Plutôt que de favoriser la collaboration interprofessionnelle, on mine les équipes en les morcelant entre le privé et le public. En brisant la continuité des soins des intervenants et la nécessaire collaboration, c’est le service à la population qui va en souffrir », conclut M. Boyer.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses.