Prévention dans les milieux de travail - Il faut mettre fin à une discrimination qui dure depuis vingt ans - La CEQ, la CSD, la CSN et la FTQ

Montréal, 2 juin 2000 - Au cours d’une rencontre tenue cet après-midi, les dirigeants des principales organisations syndicales au Québec ont exigé que les droits prévus dans la Loi sur la santé et la sécurité du travail soient appliqués partout, et non pas seulement dans les deux groupes déclarés prioritaires, afin que la prévention devienne une réalité dans tous les milieux de travail.

‘Ne serait-il pas normal que les droits et les outils de prévention prévus depuis 20 ans dans la Loi, ainsi que les droits qui ont été reconnus au personnel de la fonction publique dans l’entente signée pour la première fois en 1987, le soient également aux travailleuses et aux travailleurs qui oeuvrent, entre autres, dans les secteurs de la santé, de l’éducation, du transport, des municipalités, de l’hôtellerie, des papetières, de la construction, de l’agroalimentaire, des abattoirs ou des industries de l’environnement? Ce que nous avons déposé aujourd’hui au premier ministre, c’est une demande ferme pour que l’Etat garantisse à chaque personne en emploi, l’accessibilité à tous les mécanismes de prévention prévus’, a déclaré le porte-parole des organisations syndicales, Marc Laviolette, président de la CSN.

L’expérience a d’ailleurs démontré que la prévention dans les groupes qui ont été déclarés prioritaires a donné des résultats concrets puisque, entre 1987 et 1999 par exemple, le nombre d’accidents a baissé de 2 773 à 1 171 dans le seul secteur des mines.

Au cours d’un point de presse qui a suivi cette rencontre avec le premier ministre, les dirigeants des centrales syndicales, Monique Richard de la CEQ, François Vaudreuil de la CSD, Marc Laviolette de la CSN et Henri Massé de la FTQ, ont insisté sur le caractère unitaire de la décision syndicale à l’effet de mener campagne partout où il y aura négociation d’une convention collective. On cherchera ainsi à obtenir des ententes en matière de prévention et à maintenir une unité d’action pour que l’ensemble des mécanismes prévus dans la Loi sur la santé et la sécurité du travail s’applique à toutes les travailleuses et à tous les travailleurs, qu’ils soient syndiqués ou non.

Revendications syndicales

Les dirigeants syndicaux ont déposé un projet revendicatif dont les deux principaux points sont les suivants :

* le maintien des droits acquis déjà inclus dans la loi et la reconnaissance des ententes négociées localement;

* l’établissement de programmes de prévention ainsi que l’accès pour les personnes en emploi dans chaque établissement à des comités paritaires de santé et de sécurité, à un nombre minimum de représentants des travailleurs sur ces comités et à un nombre minimum d’heures de libération payées pour effectuer le travail nécessaire de prévention, comme le gouvernement l’a lui-même reconnu dans l’entente négociée en 1987 avec les travailleuses et les travailleurs de la fonction publique.

Les statistiques parlent d’elles-mêmes
Après l’adoption de la loi en 1979, la CSST a divisé le monde du travail en six groupes de cinq secteurs d’activités chacun et déterminé un ordre de priorité pour implanter des mécanismes paritaires de prise en charge de la prévention. Deux groupes furent déclarés prioritaires et un troisième le fut partiellement. Cependant, depuis 1985, le gouvernement a refusé de déclarer prioritaires les autres groupes.

Les travailleuses et travailleurs des deux groupes déclarés prioritaires ne représentent que 13,6 pour cent des travailleurs ‘régis’ par la Loi sur la santé et la sécurité du travail. Or, 73 pour cent des lésions (accidents et maladies) causées par le travail et déclarées à la CSST au cours de l’année 1999 proviennent des secteurs qui n’ont pas été réglementés.

Autre point important souligné par les dirigeants syndicaux : 85 pour cent des femmes en emploi se retrouvent dans les secteurs non réglementés par la CSST. Pour les centrales, il s’agit d’une forme de discrimination systémique. A ce titre, comment un gouvernement qui reconnaît le manque d’équité dans les salaires payés aux femmes et cherche des pistes de solutions pour régler le problème peut-il accepter qu’un manque d’équité envers les femmes puisse se perpétuer en matière de santé et sécurité du travail?

Il est temps, après vingt ans, de mettre fin aux discriminations qui existent en matière de prévention dans les milieux de travail et que le gouvernement du Québec prenne ses responsabilités sur la question de la santé et de la sécurité du travail, en garantissant des droits égaux à toutes les travailleuses et à tous les travailleurs.

Source

  • CEQ-CSD-CSN-FTQ
  • http://www.ftq.qc.ca

Renseignements

  • Louis Fournier, FTQ
  • lfournier@ftq.qc.ca