Obligation pour Alcan de maintenir et créer des emplois : La FTQ fera pression sur le gouvernement du Québec

Montréal, le 30 novembre 2004 – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) fera pression sur le gouvernement du Québec pour promulguer une politique « d’objectifs minimums d’emplois » en production primaire et en transformation d’aluminium à la mesure des privilèges consentis à la multinationale Alcan.

Les 1 500 délégués de la FTQ, réunis à Montréal dans le cadre du 27e congrès de la centrale, ont adopté une résolution spéciale en ce sens qui avait été soumise par les TCA/SNEAA section locale 1937 de Jonquière. Ces derniers ont donc reçu un appui de taille dans la campagne qu’ils mènent pour obliger Alcan à créer et maintenir au Saguenay–Lac-Saint-Jean au moins 10 206 emplois d’ici 2015 en retour des importants privilèges hydroélectriques obtenus par le géant de l’aluminium.

Le président de la FTQ, Henri Massé, a confirmé aujourd’hui en conférence de presse que son organisation syndicale entend intervenir auprès du gouvernement du Québec pour qu’il rétablisse l’équilibre entre l’électricité accordée à Alcan et les emplois créés en région. Il était accompagné du directeur québécois des TCA, Luc Desnoyers, et du président des TCA/SNEAA section locale 1937 de Jonquière, Claude Patry.

Des avantages de 490 millions en 2004

Henri Massé a soutenu que le gouvernement du Québec ne peut plus laisser Alcan profiter aussi allègrement des richesses hydroélectriques du Québec en même temps qu’elle manifeste avec légèreté son intention de réduire sensiblement sa participation dans l’économie québécoise en termes de création et de maintien d’emplois.

« La multinationale Alcan est propriétaire de 6 centrales hydroélectriques au Saguenay–Lac-Saint-Jean et de 44 barrages qui ont échappé à la nationalisation en 1962. Ce privilège consenti par le gouvernement du Québec et toute la société québécoise lui confère des avantages compétitifs énormes qui, pour la seule année 2004, se chiffrent à 490 millions ».

Une limite aux privilèges

Le directeur québécois des TCA, Luc Desnoyers, déplore quant à lui qu’en dépit des privilèges importants qui lui sont accordés, Alcan a diminué de 35 % le nombre de ses travailleuses et travailleurs au Saguenay–Lac-Saint-Jean depuis 1980. « Ce sont 3 000 emplois que cette région a perdu et Alcan laisse maintenant planer l’incertitude sur l’avenir du Complexe Jonquière où l’on dénombre près de 3 000 travailleuses et travailleurs. Il y a une limite à permettre qu’une compagnie qui se désengage ainsi de ses responsabilités puisse continuer à bénéficier des mêmes privilèges pour accroître son seul enrichissement ».

Fixation d’objectifs précis

MM. Desnoyers et Massé précisent que dans le contexte où, au cours des derniers jours, la direction d’Alcan a confirmé son intention de ne plus grandir au Québec pendant qu’elle est en train de réaliser des investissements majeurs aux quatre coins du monde, il est urgent que le gouvernement du Québec intervienne. La FTQ demande donc au gouvernement d’imposer à Alcan des objectifs minimums d’emplois en production primaire et en transformation d’aluminium à la mesure des privilèges dont profite cette multinationale. De plus, on exige que de sévères pénalités soient imposées en cas de non atteinte des objectifs fixés ou entendus.

Interdire la vente d’énergie privée

Les délégués de la FTQ ont aussi adopté une seconde résolution dans ce dossier demandant au gouvernement du Québec de garantir que toute l’énergie hydroélectrique privée produite par Alcan au Saguenay–Lac-Saint-Jean, ainsi que celle fournie à Alcan par Hydro-Québec en vertu du contrat de 350 MW conclu en 1998, serve uniquement au développement industriel.

À ce sujet, le directeur québécois des TCA, Luc Desnoyers, a déclaré que « si Alcan a réussi à éviter la nationalisation de son réseau électrique, c’est pour qu’elle utilise entièrement cette énergie pour produire et transformer de l’aluminium. « Il est inacceptable qu’aujourd’hui, une partie importante de cette énergie ne serve plus qu’à faire des profits de vente d’électricité sans être transformée en emplois chez nous ».

Une nouvelle aluminerie à Jonquière

En terminant, le président des TCA/SNEAA section locale 1937 de Jonquière, Claude Patry, s’est réjoui de cet appui important de la FTQ en disant souhaiter que ces pressions, qui seront exercées sur le gouvernement, aboutiront à obliger Alcan à respecter ses engagements passés pour la construction d’une nouvelle aluminerie à Jonquière et à s’engager dans un pacte qui se traduise par des emplois en transformation de l’aluminium au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Source

  • FTQ
  • http://ftq.qc.ca

Renseignements

  • Louis Cauchy
  • lcauchy@ftq.qc.ca