« Nous percevons une possibilité de recul réel avec le rapport Larose » - René Roy, secrétaire général de la FTQ

« Nous laisserons à d’autres le loisir de débattre du concept de citoyenneté avancé par le rapport Larose, pour l’instant du moins, car ce qui nous préoccupe après une lecture attentive du document est beaucoup plus terre à terre. Nous y percevons une possibilité de recul réel tant au plan de l’encadrement des processus de francisation des entreprises qu’à celui de la surveillance de l’application de la Charte », a déclaré le secrétaire général de la FTQ, M. René Roy.

Un faux paritarisme

« Au moment où l’apport de ressources financières et humaines serait nécessaire pour accélérer le processus d’implantation du français en milieu de travail, le rapport Larose recommande une diminution du nombre de membres des comités de 6 à 4 pour les entreprises de cent employés et plus, tout en nous proposant un faux paritarisme. La FTQ ne s’est pas battue ces dernières 25 années, de concert avec ses quelque cinq cents comités de francisation, pour aboutir à un tel résultat », a ajouté le secrétaire général de la FTQ.

Davantage de comités de francisation

Rappelons que la FTQ demandait notamment, dans son mémoire à la Commission des États généraux sur la situation et l’avenir de la langue française au Québec, la création de comités de francisation dans tous les établissements employant de 50 à 99 personnes, l’allègement des procédures permettant à l’Office de la langue française d’exiger une analyse de la situation linguistique pour les entreprises de moins de 25 personnes, le pouvoir pour l’Office d’ordonner la formation d’un comité de francisation dans chacun des établissements d’une entreprise et le versement aux centrales syndicales de sommes suffisamment substantielles pour assurer le soutien et l’encadrement de la francisation des milieux de travail.

Des pouvoirs réels pour les travailleurs

« La FTQ demande que les travailleurs aient une prise directe, des pouvoirs réels de réclamer leur droit de travailler en français au même titre qu’ils disposent de pouvoirs pour réclamer des conditions de travail sécuritaires. C’est dans cette direction que devrait s’orienter la réflexion du gouvernement Landry au moment où il décidera des suites à donner au rapport Larose.

« De la même façon, le gouvernement doit renforcer les pouvoirs de l’Office de la langue française et non pas créer une nouvelle mégastructure dans laquelle sont plus ou moins dilués les centres de décision, les objectifs, les vocations particulières, les pouvoirs dont celui de surveillance des organismes dont le rapport Larose recommande la fusion », a poursuivi M. Roy.

Pour une approche plus coercitive

Sur une note plus positive, la FTQ salue la recommandation voulant que les universités soient intégrées à l’Administration, telle que définie à l’annexe de la Charte de la langue française. Par ailleurs, la FTQ déplore que l’on n’ait pas retenu sa demande d’amendement de la Charte pour y inclure l’obligation pour les organismes de l’Administration publique d’effectuer une analyse linguistique et d’adopter une politique linguistique.

« Après 25 années d’efforts de francisation, force nous est de constater que l’approche de volontariat prônée par certains n’a pas produit les résultats escomptés. Le gouvernement devrait se pencher aujourd’hui sur une approche plus coercitive si on ne veut pas subir des reculs au plan de la francisation des milieux de travail », a conclu René Roy.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres.

Source

  • FTQ
  • http://ftq.qc.ca

Renseignements

  • Louis Cauchy
  • lcauchy@ftq.qc.ca