« Nous ne laisserons pas les raffineurs tourner les coins ronds au détriment de la santé et de la sécurité de nos membres » – Henri Massé, président de la FTQ

Shell et Pétro-Canada sabrent dans la prévention

Montréal, dimanche le 27 mai 2007 – Sous prétexte que la loi ne les y oblige pas, Shell et Pétro-Canada lancent une attaque en règle pour tenter d’abolir les postes de représentants à la prévention en santé et sécurité du travail qui existent depuis des décennies dans leurs installations de raffinage de l’est de Montréal, depuis plus de 20 ans dans le cas spécifique de Shell.

Deux poids, deux mesures

« Cette offensive des raffineurs est d’autant incompréhensible que les employeurs chez qui on livre des produits comme du benzène, par exemple Coastal, Interquisa ou Petromont, sont considérés, eux, comme secteurs prioritaires au sens de la loi et doivent obligatoirement avoir des représentants à la prévention et un programme de prévention », a fait valoir le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Henri Massé.


Une raffinerie n’est pas un terrain de jeux

« S’il y a bien un endroit où on ne peut se permettre de tourner les coins ronds et lésiner sur la prévention et la sécurité, c’est dans les installations de raffinerie. Les dangers liés à la construction, au travail en vase clos, aux activités de soudure sur des réservoirs ayant contenu des produits sous pression hautement volatils sont omniprésents et nécessitent une attention de tous les instants. Une raffinerie n’est surtout pas un terrain de jeux », a indiqué pour sa part Jacques Vanier, président de la section locale 175 du Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCEP-FTQ) (raffinerie Pétro-Canada).

Des risques pour la population et l’environnement

« Les risques existent bien entendu pour les centaines de travailleurs présents sur les sites des raffineries, mais la sécurité de la population dépend également de la bonne marche des installations.

« On n’a qu’à penser aux risques d’explosion ou encore de déversements de matières hautement toxiques dans l’environnement, quand on sait qu’à Montréal, plus particulièrement, des habitations ont été construites à proximité », a ajouté M. Jean-Claude Rocheleau, président de la section locale 121 du SCEP (raffinerie Shell).

L’approche volontaire en prévention ne fonctionne pas

« À la FTQ, on martèle depuis près de 30 ans que la Loi sur la santé et la sécurité du travail doit s’appliquer intégralement à tous les secteurs d’activité en matière de prévention. Avec les reculs que tentent d’imposer Shell et Pétro-Canada au chapitre de la prévention, on a ici une preuve flagrante que l’approche de volontariat ne fonctionne pas.

« Le gouvernement doit trouver la volonté politique pour agir dans ce dossier et décréter que le secteur du raffinage est prioritaire, tout autant que celui de la chimie, et ne pas attendre que les employeurs s’autorèglementent dans ce domaine. À défaut d’agir dans ce sens, il partagera la responsabilité de tout décès ou accident résultant de son inaction », a conclu Henri Massé.

La FTQ est la plus grande centrale syndicale québécoise avec plus de un demi-million de membres.

-30-

Source : FTQ
Renseignements :
Louis Cauchy, 514 235-3996
Jean Laverdière, 514 893-7809
Daniel Cloutier, 514 891-3289