« Non à la politique de la chaise vide dans le débat sur la mondialisation » -Henri Massé, président de la FTQ

Baie-Comeau, le 6 novembre 2001 – « La mondialisation ne doit pas devenir un prétexte à la délocalisation d’entreprises ou encore à un chantage à la baisse sur les conditions de travail. Nous devons être particulièrement vigilants sur ces questions en région et privilégier la création et le maintien d’emplois de qualité.

« Pour notamment éviter que les travailleurs de différents pays ne soient entraînés dans une compétition malsaine au chapitre des conditions de travail, la FTQ a commencé à tisser des liens avec les syndicats des Amériques, d’Europe, d’Afrique et d’Asie, sous le chapeau de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) », a déclaré M. Henri Massé, président de la FTQ, à l’occasion de la tournée pré-congrès des dirigeants de la centrale à Baie-Comeau.

Le combat contre les inégalités
À l’approche du prochain congrès de la FTQ qui se tiendra du 26 au 30 novembre à Québec, sous le thème « Vers un syndicalisme sans frontières », le président de la FTQ rappelle que « le combat contre les inégalités doit procéder d’une prise de conscience que l’organisation des rapports sociaux, économiques et politiques au niveau mondial doit entrer dans une nouvelle ère. C’est avec l’ensemble des syndicats membres de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL), dont la FTQ fait partie, que nous menons cette réflexion ».

« En même temps, il ne faut pas oublier que ce sont nos membres et leurs familles qui vivent au quotidien les effets de la mondialisation. Ils sont donc à même, avec leurs organisations syndicales, de formuler des pistes de solution concrètes face aux injustices sociales et aux iniquités engendrées par une certaine conception de l’économie qui évacuerait toute idée de justice sociale. Ça fait partie de l’exercice que nous aurons à faire en congrès », a ajouté M. Massé.

Non à la politique de la chaise vide
« Certaines personnes voudraient que nous dénoncions la mondialisation sans offrir d’alternative, sans tenter d’imposer nos valeurs dans le processus de discussion des grands accords d’échange multilatéraux. Ce n’est pas dans les habitudes de la FTQ de pratiquer la politique de la chaise vide.

« Et ce n’est surtout pas dans nos habitudes de nous croiser les bras lorsqu’on voit nos membres directement affectés par des décisions étrangères comme la seconde surtaxe sur le bois d’œuvre que vient d’imposer notre voisin américain. Des familles sont directement touchées par la réduction des quarts de travail dans les moulins. D’autres familles sont affectées par les mises à pied massives à IOC, à Québec-Cartier ou à mines Wabush.

« Nous devons tout faire pour être partie aux discussions et nous demandons aux gouvernements de privilégier la voie de la négociation, notamment dans ces dossiers, pour résoudre les problèmes », a souligné le président de la FTQ.

Un congrès chargé
Outre les débats sur la mondialisation, le congrès de la FTQ fera une place importante à la question de l’intégration des jeunes dans les milieux de travail et dans les structures syndicales. Un énoncé de politique jeunesse sera présenté aux délégués à cet effet. Les congressistes auront également à débattre de la gestion des caisses de retraite et de l’investissement éthique, entre autres sujets.

L’équité salariale… à quelques jours du 21 novembre
« Même si nous avons applaudi lors de l’adoption de la Loi sur l’équité salariale en 1996, il nous faut accentuer la pression aujourd’hui, à quelques jours de l’échéance du 21 novembre pour la mise en vigueur des programmes d’équité salariale dans des milliers d’entreprises et d’organismes, afin d’obtenir plus de transparence et de concertation dans ce dossier.

« Ça n’est pas normal qu’on doive systématiquement recourir à la Loi d’accès à l’information pour savoir ce qui se passe à la Commission sur l’équité salariale qui a une nette propension à travailler en vase clos avec les employeurs qui veulent être exemptés d’une pleine application de la loi », a déploré en conclusion M. Massé.

Source

  • FTQ
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Renseignements

  • Louis Cauchy
  • lcauchy@ftq.qc.ca