« Niveler les conditions de travail vers le bas : la solution de la FCEI pour accroître l’épargne en vue de la retraite ne tient pas la route », Daniel Boyer, secrétaire général de la FTQ

Réaction de la FTQ à l’étude de la FCEI

Montréal, le 17 novembre 2013 – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), a pris connaissance d’un « document d’information » de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).

Pour s’élever contre une hausse éventuelle des cotisations des employeurs au Régime de rentes du Québec, ce document de deux pages s’en prend à la rémunération des travailleurs et des travailleuses des secteurs publics (fédéral, provincial et municipal), qui serait, dit-on, de 25 % à 42 % plus élevée que dans le secteur privé.

« Les propriétaires de PME reconnaissent la nécessité d’aider les contribuables à mettre de l’argent de côté pour leur retraite, a dit Martine Hébert au quotidien Le Soleil , vice-présidente de la FCEI, mais ils refusent de croire que la seule solution soit une hausse des taxes sur la masse salariale que paient les employeurs et leurs employés. »

La solution, pour la FCEI, repose précisément sur l’alignement de la rémunération du secteur public sur celle du secteur privé. Pris à la lettre, le document de la FCEI prône donc rien de moins qu’une diminution de 25 % à 42 % de la rémunération dans le secteur public!

« Le nivellement des conditions de travail par le bas, c’est un discours connu dans le milieu des patrons, dit Daniel Boyer, secrétaire général de la FTQ. À chaque fois qu’ils en ont l’occasion, leurs porte-paroles s’empressent de proposer des mesures qui diminuent la qualité de vie des salariés ou mettent en garde les gouvernements contre une hausse éventuelle des taxes sur la masse salariale. Personne ne va croire qu’une diminution des salaires des travailleurs et travailleuses du secteur public va se traduire par une hausse des salaires dans le secteur privé. Franchement, c’est risible.

« Je ne discuterai pas ici la méthodologie de la FCEI. Je dirai seulement que ses conclusions vont à l’encontre des comparaisons de rémunération de l’Institut statistique du Québec, qui montrent exactement le contraire, année après année. »

« Prétendre que la difficulté à économiser en vue de la retraite serait liée à la rémunération excessive dans le secteur public est un argument tordu, ajoute Daniel Boyer. En septembre dernier, Statistique Canada montrait que l’endettement des ménages atteignait un nouveau record, dû surtout aux prêts hypothécaires et au crédit à la consommation. Les banques et autres institutions financières encouragent cet endettement par l’émission à outrance de cartes de crédit et par une concurrence éhontée dans le domaine des taux hypothécaires.

« Et une bonne vieille vérité de La Palice nous dit que plus la rémunération est basse, plus est grande la difficulté d’économiser en vue de la retraite. Et même si chaque travailleur ou travailleuse avait 1 555 $ de plus dans ses poches, on peut douter fortement que cela augmenterait l’épargne pour la retraite! »

Pour la FTQ, notre système de retraite a été construit en assumant une contribution directe des employeurs aux régimes publics (RRQ/RPC) en même temps qu’en offrant des régimes complémentaires de retraite afin d’assurer un revenu décent à la retraite. Les gouvernements, à titre d’employeurs, ont prêché par l’exemple, alors que nombre d’employeurs privés n’ont pas livré la marchandise. Puisqu’on ne peut les y obliger, la seule voie est de bonifier les régimes publics en demandant une contribution supplémentaire.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses.