Machinerie de production : l'Association de la construction du Québec, le Conseil conjoint de la construction et la FTQ font cause commune au nom de toute l'industrie

Montréal, le 19 février 2002 – L’Association de la construction du Québec (ACQ), le Conseil conjoint de la construction et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) réclament conjointement une action rapide du gouvernement du Québec pour concrétiser le consensus réalisé dans l’industrie de la construction quant à l’installation, l’entretien et la réparation de la machinerie de production dans le secteur industriel (usines, mines, papeteries, raffineries, etc.).

L’ACQ est l’agent patronal unique pour fins de négociation et d’application des conventions collectives des secteurs institutionnel – commercial et industriel et compte plus de 11 000 employeurs. La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres dont près de 75 000 appartiennent au Conseil conjoint de la construction.

Le respect de la loi R-20

«La machinerie de production industrielle doit être installée par des employeurs et des travailleurs professionnels de la construction en vertu de la Loi R-20 qui régit les relations du travail dans cette industrie, déclare le président de la FTQ, M. Henri Massé. Le Québec a des coûts de construction inférieurs à la moyenne canadienne et les coûts des travaux n’exploseront pas avec le respect de la loi. Les syndicats et les employeurs ont déjà négocié des assouplissements applicables spécifiquement aux travaux de machinerie de production. Il n’y aura pas de pertes d’emplois ni de fermetures d’entreprises, un épouvantail agité par certains groupes patronaux qui ne connaissent pas l’industrie de la construction.»

M. Massé ajoute : «Le gouvernement du Québec doit respecter les engagements qu’il a pris à notre égard quand nous avons conclu les négociations pour le renouvellement des contrats de travail dans la construction l’an dernier. Les syndicats et les employeurs de la construction font cause commune dans ce dossier.»

Les mêmes règles pour tous

Pour sa part, l’ACQ a toujours considéré que les travaux de machinerie de production constituent des travaux de construction, à part entière, car ils font appel aux mêmes compétences. Les principaux métiers concernés sont les électriciens, les tuyauteurs, les chaudronniers, les mécaniciens industriels, les calorifugeurs et les ferblantiers. « Ces travaux doivent être réalisés par des employeurs et des travailleurs professionnels de la construction et toutes les entreprises doivent être assujetties aux mêmes règles. En outre, il faut éviter qu’il y ait éventuellement deux régimes de relations de travail différents dans le domaine des travaux de construction au Québec », a expliqué le vice-président exécutif de l’ACQ, Me Michel Paré. Ce scénario nous ramènerait plusieurs années en arrière à l’époque où il existait des centaines de conventions collectives chez les employeurs en construction, ce qui se traduisait en une multitude de conflits isolés et désynchronisés qui paralysaient les travaux de construction à tout moment », explique Me Paré.

Pour l’ACQ, le régime de relations de travail de l’industrie de la construction (avec ses quatre conventions collectives sectorielles renouvelables simultanément tous les trois ans) a fait la démonstration de son efficacité. Depuis 1995, il n’y a eu aucun conflit dans le sous-secteur industriel de la construction au Québec. Sur dix ans (1988-1997), l’indice de grève et de lock-out dans l’industrie de la construction au Québec a été presque cinq fois plus faible au Québec (0,15) qu’en Ontario (0,72), où les conventions collectives sont beaucoup plus nombreuses.

Éviter les problèmes

«Sur tous les chantiers où les travaux ont été effectués en vertu de la loi R-20, il n’y a pas eu de problèmes, dit M. Jean Lavallée, vice-président de la FTQ et président du Conseil conjoint de la construction. Par contre, sur des chantiers où ça n’a pas été le cas, comme à la Noranda CCR à Montréal, la Zinc à Valleyfield et à la mine Louvicourt en Abitibi, il y a eu des problèmes majeurs.»

«Les entrepreneurs et les syndicats ne réclament pas l’ensemble des travaux reliés à la machinerie de production. Les travaux d’entretien et de réparation dans les grandes industries continueront d’être accomplis par leurs salariés. Les syndicats concernés de la FTQ se sont d’ailleurs entendus à ce sujet avec nos syndicats de la construction», conclut M. Lavallée.