L'industrie de l'aérospatiale à Montréal et au Québec : un engagement gouvernemental nécessaire!

Montréal, le 13 septembre 2004 – À quelques semaines du début des travaux à la Chambre des communes et à l’Assemblée nationale, M. Henri Massé, président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), et M. Benoit Labonté, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, ont uni leurs voix pour rappeler l’importance d’assurer non seulement la pérennité des programmes de soutien à l’industrie de l’aérospatiale, mais également le maintien d’un environnement fiscal compétitif à l’échelle mondiale.

L’industrie de l’aérospatiale au Québec fait face à une très vive concurrence internationale. De nombreux pays, notamment le Brésil, la France, l’Irlande et les États-Unis, soutiennent financièrement leur secteur aérospatial par des mesures fiscales, des subventions, ainsi que par des incitatifs à la R&D. Dans ce contexte, bien que cette industrie ait été généreusement et stratégiquement soutenue par les gouvernements au cours des dernières décennies, il est impératif de maintenir des mesures d’aide gouvernementale concurrentielles, et ce, aux niveaux fédéral et provincial, afin de permettre à ce secteur névralgique de demeurer compétitif, tant sur le marché local que mondial. Sans une telle aide, le Canada et le Québec risquent de fragiliser un des actifs les plus performants de leur économie.

« Nous sommes aujourd’hui à un point tournant pour l’industrie aéronautique montréalaise, québécoise et même canadienne. Nous pouvons progresser dans ce créneau à haute teneur technologique et à forte valeur ajoutée que nous avons développé depuis plus de 30 ans, ou encore nous risquons de régresser. Des décisions qui auront des conséquences bien concrètes sur une entreprise comme Bombardier, par exemple, et donc sur ses travailleurs, sont en train de se prendre actuellement », a déclaré le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), M. Henri Massé.

« Il faut préserver les conditions optimales au plein épanouissement de l’industrie de l’aérospatiale canadienne – l’un des moteurs de notre économie –, car elle permet notamment à Montréal de rayonner sur la scène internationale en tant que métropole de haute technologie, tout en générant des revenus annuels de plus de 20 milliards de dollars à l’échelle canadienne, dont une bonne partie au Québec et principalement dans la grande région de Montréal », a poursuivi M. Benoit Labonté, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

« Compte tenu de l’importance de ce secteur d’activité pour l’économie canadienne, québécoise et montréalaise, il serait important que le gouvernement du Canada se dote rapidement d’un cadre d’intervention par le biais d’une politique canadienne de l’aérospatiale », ont souligné MM. Massé et Labonté.

« L’aérospatiale est une industrie où nous excellons, mais c’est aussi un secteur fragile, particulièrement depuis les événements du 11 septembre 2001. Il faut absolument mettre tout en œuvre pour éviter que ce secteur stratégique, sans contredit l’un des plus directement confrontés aux réalités de la mondialisation, ne décline, car il procure près de 40 000 emplois directs et indirects au Québec. Ce sont des emplois de qualité dont les salaires dépassent largement le salaire moyen. Comme société, on ne peut se permettre le luxe d’en perdre une partie au profit du Brésil ou de la Chine, par exemple », a ajouté Henri Massé, président de la FTQ.

« Le secteur de l’aérospatiale de la région métropolitaine de Montréal fournit non seulement des dizaines de milliers d’emplois de haute qualité, mais il est également un créateur de richesse et il contribue activement au développement d’une économie apprenante, axée sur le savoir et la conquête des marchés internationaux. Une exceptionnelle collaboration avec nos institutions d’enseignement et de formation permet d’ailleurs à cette industrie de recruter facilement de nouveaux diplômés. À cet égard, en 2002, plus de 7 500 nouveaux étudiants ont été formés dans les programmes liés à l’industrie aérospatiale dans la grande région de Montréal. Cela représente une autre retombée positive importante de l’aide à cette industrie. Un de nos plus importants défis est maintenant de réussir à maintenir des conditions suffisamment attrayantes pour retenir tous ces talents », a renchéri Benoit Labonté.

« Lorsqu’on fait référence au secteur de l’aérospatiale, on pense immédiatement aux grandes entreprises, qui sont parmi les plus beaux fleurons de notre économie, mais il ne faut pas oublier tous leurs fournisseurs de services – quelque 150 au sein de notre agglomération urbaine ! –, en grande majorité des PME, qui permettent à notre agglomération d’être l’un des rares endroits au monde où la quasi-totalité des composantes d’un avion sont fabriquées et accessibles dans un rayon de 30 kilomètres », a conclu Benoit Labonté.

Rappelons que le secteur de l’aérospatiale, qui allie les secteurs aéronautique et spatial, est une industrie dont la production manufacturière est à forte valeur ajoutée. Ce secteur emploie quelque 40 000 travailleurs au Québec, dont plus de 95 % dans la grande région de Montréal. Notre secteur de l’aérospatiale exporte environ 80 % de sa production, pour une valeur de près de 11 milliards de dollars annuellement. Par ailleurs, le Québec est responsable de près de 80 % de toutes les exportations canadiennes en ce domaine. Dans ce contexte, il n’est pas surprenant de noter que le premier produit exporté par le Québec soit les avions.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres.

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain compte quelque 7 000 membres. Sa mission est de représenter les intérêts de la communauté des affaires de l’agglomération urbaine de Montréal et d’offrir une gamme intégrée de services spécialisés aux individus, aux commerçants et aux entreprises de toutes tailles de façon à les appuyer dans la réalisation de leur plein potentiel en matière d’innovation, de productivité et de compétitivité. La Chambre est le plus important organisme privé au Québec voué au développement économique.

Source

  • ftq

Renseignements

  • Louis Cauchy
  • lcauchy@ftq.qc.ca