« Les syndiqués de Vidéotron peuvent rentrer au travail la tête haute » - Henri Massé – Une lutte qui fera date dans l'histoire du mouvement syndical

Montréal, le vendredi 28 mars 2003 – « Les syndiqués de Vidéotron peuvent être fiers de la longue bataille qu’ils ont menée et ils peuvent rentrer au travail la tête haute. Leur lutte va demeurer un exemple extraordinaire de ce que peut accomplir la solidarité syndicale, celle des lock-outés eux-mêmes et celle aussi des membres du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) et des autres syndicats de la FTQ qui les ont appuyés jusqu’au bout », a déclaré aujourd’hui le président de la FTQ, M. Henri Massé.

« Sur l’enjeu majeur du conflit, qui était d’empêcher le démantèlement de Vidéotron et la vente de 664 techniciens à la firme Alentron, le syndicat a gagné la bataille, ajoute M. Massé. Un groupe de 2 200 syndiqués a tenu tête, pendant plus de dix mois, à la multinationale Québecor. C’est une lutte qui fera date dans l’histoire du mouvement syndical au Québec. »

M. Massé signale également que la réduction des effectifs d’environ 268 postes, dont 120 techniciens, se fera sans aucune mise à pied, par l’entremise d’un programme spécial de départs volontaires qui permettra aux syndiqués de toucher de 15 à 18 mois de salaire. Le contrat de travail, d’une durée de cinq ans, sera en vigueur jusqu’au 31 décembre 2006.

Hommage à Pierre Dupuis du SCFP

M. Massé a tenu à saluer chaleureusement les dirigeants syndicaux qui ont mené ces pourparlers difficiles, en particulier le directeur québécois du SCFP et vice-président de la FTQ, M. Pierre Dupuis, qui a dirigé l’équipe de négociations. Celle-ci a abattu un travail considérable. Elle est allée chercher un règlement honorable pour les deux parties, que les membres ont approuvé à plus de 80 % dans les deux sections locales.

Le président de la FTQ a également salué le travail de l’ancien premier ministre Lucien Bouchard, du côté patronal, ainsi que les interventions du premier ministre Bernard Landry pour aider à régler le conflit.

La solidarité syndicale

M. Massé a souligné «la solidarité sans faille», pendant 322 jours, des syndiqués de Vidéotron, qui leur a permis de tenir le coup aussi longtemps. Il a souligné également la solidarité de leurs camarades du SCFP (500 000 membres au Canada) et des autres syndicats affiliés à la FTQ, qui leur ont apporté un appui financier substantiel. Tous les syndicats de la FTQ ont fait leur part : en sus des millions de dollars consentis sous forme de prêts sans intérêt, plus de 900 000 dollars ont été versés en contributions diverses, du jamais vu.

Pour une loi fédérale anti-briseurs de grève

Enfin, M. Massé a rappelé que le conflit aurait pu se terminer bien plus rapidement si les syndiqués de Vidéotron n’avaient pas été pénalisés par le Code fédéral du travail qui n’interdit pas l’embauche de briseurs de grève, contrairement au Code du travail du Québec.

M. Massé a donc de nouveau exhorté le gouvernement Chrétien à prendre ses responsabilités à ce sujet, comme le lui demandent le Bloc québécois et le NPD au Parlement fédéral depuis plusieurs années. Il a invité M. Chrétien à suivre l’exemple du Québec qui, il y a plus de 25 ans (en 1977), sous le gouvernement de René Lévesque, a adopté des dispositions anti-briseurs de grève qui ont contribué largement au maintien de la paix sociale.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres.

Source

  • FTQ
  • http://ftq.qc.ca

Renseignements

  • Louis Fournier
  • lfournier@ftq.qc.ca