« Les patients, les travailleurs et la population subissent un chantage à l’intégration au CUSM inacceptable » – René Roy, secrétaire général de la FTQ

La FTQ appuie sans réserve la Coalition pour l’Hôpital francophone de Lachine

Montréal, jeudi 6 mars 2008 – Tout en apportant son appui sans réserve à la Coalition pour l’Hôpital francophone de Lachine, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) dénonce les pressions et le chantage à l’intégration au CUSM qu’exercent actuellement sur les travailleurs, les patients et la population le ministre Couillard, l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal et la direction de l’établissement.

« On dit actuellement aux travailleurs et aux médecins de l’Hôpital de Lachine que s’ils refusent l’intégration pure et simple au CUSM, le déficit de l’hôpital ne sera pas allégé par Québec, les services vont s’en ressentir et la capacité d’accueil de l’établissement va décliner. Un tel chantage est totalement irresponsable », a déclaré le secrétaire général de la FTQ, René Roy.

« Nous demandons au ministre Couillard et au président de l’Agence de Montréal, David Levine, de se dissocier immédiatement et sans équivoque de telles manœuvres de la part de la direction de l’Hôpital de Lachine », a ajouté René Roy.

Vous trouverez ci-joint la lettre d’appui expédiée par la FTQ à la coalition.

Montréal, le 5 mars 2008

Monsieur Michel Pilon
Porte-parole
Coalition pour l’Hôpital francophone de Lachine

Monsieur,

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), qui représente plus de un demi-million de membres au Québec dont des milliers de membres francophones travaillant dans des entreprises de l’Ouest de Montréal (Bombardier, Air Canada, etc.) accorde son appui sans réserve à la Coalition pour l’Hôpital francophone de Lachine.

La FTQ a déjà fait valoir, dans le passé, l’importance de maintenir dans l’Ouest de Montréal un hôpital francophone fonctionnel avec tous les services appropriés pour traiter, notamment, les travailleurs victimes d’accidents du travail, dans leur langue. Nous rappelions alors que le transport par ambulance de travailleurs francophones de l’Ouest vers des ressources francophones plus à l’est pouvait représenter la différence entre la vie et la mort dans le pire des scénarios, des lésions aggravées ou permanentes dans le meilleur des cas.

Nous considérons que la fusion pure et simple de l’Hôpital de Lachine avec le CUSM ouvrirait toute grande la porte à une anglicisation des services et, à terme, à une perte d’autonomie et de qualité de services en français du dernier hôpital francophone de l’Ouest de Montréal.

En conséquence, nous faisons nôtre cet appel des nombreuses organisations membres de la coalition et demandons formellement au premier ministre Jean Charest de prendre toutes les mesures pour le maintien du statut unique de l’Hôpital de Lachine de même que le maintien des accréditations en place, sans quoi le transfert d’employés du CUSM vers Lachine consacrerait, à moyen terme, l’anglicisation des services.

Un hôpital communautaire sans gouvernance, c’est un hôpital sans âme. Il n’existe pas d’hôpital communautaire sans gouvernance locale au Québec. C’est la gouvernance de l’hôpital communautaire qui fait en sorte que tout projet clinique puisse être un succès auprès de sa population tout en s’assurant que cette dernière puisse être mise à contribution.

Nous acceptons l’affiliation, mais pas l’assimilation. L’affiliation permettra à long terme l’épanouissement d’une gouvernance francophone locale qui veillera à l’implantation d’un projet clinique en mettant à contribution la population, et c’est précisément cela le rôle d’un hôpital communautaire.

Ceux qui nourrissent le débat en mettant à l’avant-plan le projet clinique, tout en reléguant au second la gouvernance, font fausse route. La gouvernance et le projet clinique s’imbriquent l’un dans l’autre. C’est précisément ce qui est reflété dans la résolution de l’Assemblée nationale qui a reconnu le statut unique de l’Hôpital de Lachine.

Comment en effet peut-on prétendre pouvoir y maintenir des services hospitaliers et spécialisés particulièrement pour les francophones, en l’absence d’une gouvernance locale francophone? La proposition du MUHC contredit l’esprit de la résolution adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale du Québec.

C’est donc sans hésitation que nous affirmons notre appui à la Coalition pour l’Hôpital francophone de Lachine ainsi qu’aux francophones de l’Ouest de l’île de Montréal.

S’épanouir ou mourir? Nous choisissons : S’épanouir… en français.

Pour la FTQ, il est essentiel de maintenir et de développer la qualité des services en français du seul hôpital francophone de l’Ouest de Montréal pour la population francophone du secteur et pour les milliers de travailleurs francophones qui y oeuvrent quotidiennement.

René Roy
Secrétaire général de la FTQ

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Source : FTQ
Renseignements : Jean Laverdière, 514 893-7809