« Les employeurs et le gouvernement doivent permettre aux travailleurs d’évoluer dans un environnement sécuritaire » – Michel Arsenault, président de la FTQ

Journée internationale de commémoration des personnes tuées ou blessées au travail

Montréal, le 28 avril 2008. – Plusieurs dizaines de travailleurs ont manifesté ce matin devant les bureaux du Conseil du patronat du Québec (CPQ), afin de réclamer que cesse son opposition à toute tentative de mise en vigueur de l’ensemble de la Loi sur la santé et la sécurité du travail, telle qu’adoptée en 1979. Par le fait même, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) demande au ministre du Travail, M. David Whissell, d’agir sans tarder afin que la Loi s’applique à tous sans exception. Rappelons qu’en 2007, 207 travailleurs sont morts des suites de leur travail.

« C’est incroyable qu’en 2008 on doive se battre pour que la Loi s’applique à tous. Depuis 30 ans, le CPQ s’oppose à la création de comités de santé et de sécurité, à la nomination de représentants à la prévention et à la mise en place de programmes de prévention pour tous les travailleurs, alors que gouvernements successifs sont restés les bras croisés.

« Pour nos membres qui travaillent dans la construction, les services publics, le commerce, le transport, la manutention, le papier, le textile et plusieurs autres secteurs, une partie importante de la Loi ne s’applique pas encore. Le gouvernement et le CPQ doivent enfin comprendre le bon sens », a déclaré le président de la FTQ, Michel Arsenault.

La prison et des amendes plus sévères pour les mauvais employeurs

Le Code criminel permet désormais au procureur général de déposer des accusations criminelles et d’imposer des peines d’emprisonnement contre les entreprises et gestionnaires responsables de la mort de travailleurs. Le cas de l’entreprise Transpavé à Saint-Eustache, qui a plaidé coupable à des accusations de négligence criminelle ayant causé la mort, est dénoncé par le président de la FTQ.

« Steve L’Écuyer ne doit pas être mort pour rien. Le procureur général aurait dû poursuivre les administrateurs. Cette entreprise, condamnée à payer une simple amende, s’en tire trop facilement. Nous comptons qu’à l’avenir le procureur général applique la règle de tolérance zéro à l’endroit des employeurs qui se moquent délibérément de la santé et de la sécurité du travail.

« La FTQ demande également au ministre du Travail d’imposer des amendes plus sévères aux mauvais employeurs. Actuellement, au Québec, la loi régissant la CSST prévoit une peine maximale de 50 000 $, pour un entrepreneur responsable de la mort d’un travailleur, alors qu’en Ontario l’amende est de un demi-million de dollars. Québec doit hausser les amendes », a ajouté Michel Arsenault.

Construction : 5 % de la main-d’œuvre, 26 % des décès

Sans négliger les autres secteurs d’activité, la FTQ veut souligner de façon particulière la situation qui prévaut dans l’industrie de la construction. « Depuis 30 ans, on y relève bon an mal an entre 20 et 60 décès reliés au travail. Les travailleurs de la construction ne représentent que 5 % de la main-d’œuvre active au Québec, mais ils sont victimes de 26 % de tous les décès accidentels. C’est indécent », a conclu le président de la FTQ.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus de un demi-million de membres.

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Source : FTQ
Renseignements : Jean Laverdière 514 893-7809