Les auxiliaires de recherche et d’enseignement volés par les universités québécoises!

Le 18 juin 2006. – Réunis en conférence de presse en compagnie de représentants étudiants, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) et l’Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC-FTQ) ont dénoncé les façons de faire des universités québécoises qui ont institutionnalisé un système permettant de flouer chaque année des milliers d’auxiliaires de recherche et d’enseignement.

« Cette année seulement, c’est plus de 400 000 heures sur les 4 000 000 d’heures travaillées en recherche, en corrections, en tutorat, en surveillance de laboratoire et d’examen qui n’ont pas été reconnues et payées par les universités québécoises », ont dénoncé le président de la FTQ, Henri Massé et la présidente du syndicat des employées et employés étudiants de l’UQAM, Joëlle Bolduc.

Ce manque à gagner s’explique, notamment, par l’augmentation substantielle du nombre d’étudiants dans les classes et les laboratoires. Que ce soit la correction de travaux, la supervision de laboratoire ou le tutorat, il est évident que les tâches augmentent proportionnellement avec le nombre d’étudiants. Or, les budgets alloués par les universités pour l’embauche d’auxiliaires de recherche et d’enseignement n’ont pas suivi cette augmentation. Les auxiliaires de recherche et d’enseignement doivent donc faire deux ou trois fois plus avec le même salaire!

De plus, les auxiliaires de recherche et d’enseignement ont raison de craindre de faire les frais des déficits appréhendés et des augmentations de la taille des groupes si l’on en croit un article paru dans la plus récente livraison du Journal hebdomadaire Forum, de l’Université de Montréal.

La pointe de l’iceberg

Pour les représentants syndicaux et étudiants, il est impératif que les universités mettent un terme à cette pratique basée sur le vol systématique des heures travaillées par les étudiants. Ceux-ci affirment aussi que ce phénomène ne représente que la pointe de l’iceberg pour cette catégorie de travailleuses et de travailleurs qui vivent des situations d’emplois très précaires.

Du cheap labour pour les universités

Au Québec, il existe plus de 20 000 auxiliaires de recherche et d’enseignement dont la grande majorité n’est pas syndiquée. Il s’agit principalement d’étudiantes et d’étudiants de deuxième et troisième cycle qui travaillent à temps plein l’été et à temps partiel durant l’année scolaire. Et ce, tout au long de leur scolarité qui s’échelonne sur plusieurs années.

Une syndicalisation qui porte ses fruits

Les syndicats en milieu universitaire ont réalisé de nombreuses victoires quant à la reconnaissance de la contribution des auxiliaires de recherche et d’enseignement à la mission universitaire. À la suite de la négociation de leur première convention collective, les étudiants employés de l’UQAM ont réussi à trouver des solutions concrètes aux problèmes vécus tels : la propriété intellectuelle, la santé et la sécurité dans les laboratoires, le respect des heures travaillées, l’accès aux congés de maternité et congé parental, l’augmentation salariale, etc.

Trois campagnes de syndicalisation sont présentement organisées par l’AFPC à l’Université de Montréal, l’Université Laval et l’Université Concordia. La première période de vote concerne les auxiliaires de recherche et d’enseignement de l’Université de Montréal. Celle-ci débute lundi le 19 juin et s’échelonnera sur cinq semaines.

L’AFPC représente 38 000 membres au Québec dont les 2 500 auxiliaires d’enseignement et de recherche de l’UQAM. La FTQ est la plus grande centrale syndicale québécoise avec plus de un demi-million de membres.

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Source : FTQ
Pour information : Isabelle Gareau 514 383-8028