Le vol de la caisse de l’assurance-emploi doit cesser!

Les Sans-Chemise exigent des explications

Montréal, vendredi 15 avril 2011 – La Coalition des Sans-Chemise est partie prenante de la présente élection fédérale et mène campagne pour l’amélioration du programme d’assurance-emploi et la mise en place d’une caisse autonome.

À ce titre, les leaders* des Sans-Chemise demandent des explications au chef du Parti conservateur et premier ministre du Canada, M. Stephen Harper, à propos de la question soulevée par M. Duceppe, lors du débat des chefs à l’effet que le gouvernement conservateur s’appuierait sur de prochains surplus au compte d’assurance-emploi pour atteindre l’équilibre budgétaire d’ici à 2015-2016. Ainsi, dans le cadre de son budget 2011, le ministre Flaherty prévoirait s’accaparer de la caisse d’assurance-emploi, comme ses prédécesseurs l’avaient fait. Nous exigeons des explications, d’autant plus que pour arriver à ses fins, le gouvernement devra suspendre l’application de la loi créant l’Office de financement de l’assurance-emploi, ce qu’il a déjà fait pour fixer le taux de cotisation.

Les Sans-Chemise constatent aussi que le PLC et le NPD ont repris le cadre budgétaire Flaherty pour élaborer leur propre plate-forme électorale. Nous sommes étonnés et demandons, à ce titre, une clarification de leur position respective.

Ce constat est ratifié par l’ex-actuaire en chef du Programme d’assurance-emploi

Déjà Michel Bédard, ex-actuaire en chef du Programme d’assurance-emploi de 1990 à 2003, témoignait du fait qu’en vertu du budget déposé par le ministre fédéral des Finances, le « gouvernement compte aller chercher, entre 2012 et 2016, de nouveaux surplus d’environ 12 ou 13 milliards, à même les cotisations d’assurance-emploi des salariés et des employeurs ». Pour en donner une illustration précise, Monsieur Bédard soulève le fait qu’en « 2015-2016, il ne peut pas y avoir de surplus au fédéral sans l’apport des excédents de l’assurance-emploi, qui friseront les 5 milliards cette année-là, ce qui dépasserait le surplus budgétaire prévu, qui est de 4,2 milliards ». « Encore une fois [ajoute-t-il], les cotisants du régime d’assurance-emploi, salariés autant qu’employeurs, vont aider à remettre à flot les comptes du gouvernement fédéral ».

Un débat silencieux sur l’état du programme d’assurance-emploi

Les Sans-Chemise tiennent aussi à exprimer leur profond mécontentement à l’égard du silence des chefs politiques sur l’assurance-emploi au cours des deux débats des chefs. Malgré toutes les opportunités pour aborder l’état de nos programmes sociaux, et alors que l’assurance-emploi en est le plus important, aucun chef n’a soulevé l’état actuel de ce programme. La couverture du programme d’assurance-emploi ne protège pourtant plus que 43,6 % des chômeurs. Cette couverture tombe d’ailleurs à 23,8 % chez les jeunes et à 19,4 % chez les travailleurs à temps partiel.

Seulement en 2008-2009, ce sont 2,14 millions de demandes de prestations qui ont été déposées, dont un nombre important furent rejetés à cause des critères plus rigides d’admissibilité. Depuis une vingtaine d’années, tous les gouvernements qui se sont succédé à Ottawa n’ont eu de cesse de réduire la portée et l’efficacité de ce programme. L’assurance-emploi est ainsi devenue une source de revenus pour un gouvernement qui ne participe aucunement à son financement.

Mettre fin au pillage et rétablir un véritable programme

Les cotisants sont en droit de réclamer qu’un prochain gouvernement mette fin au pillage des cotisations des travailleurs et des employeurs, et qu’il rétablisse un programme d’assurance-emploi qui soit à la hauteur des besoins, soit assurer une sécurité économique aux travailleurs qui se retrouvent en chômage. Tous, nous comprenons l’importance d’un tel programme dans la vie de centaines de milliers de nos concitoyens.

C’est pourquoi nous interpellons les chefs politiques, et tous leurs candidats et candidates, pour qu’ils se prononcent clairement sur la question.

* Les leaders des Sans-Chemise sont : Pierre Céré, porte-parole du Conseil national des chômeurs et chômeuses (CNC), Daniel Boyer, secrétaire général de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Roger Valois, vice-président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Daniel B. Lafrenière, secrétaire-trésorier de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), et François Vaudreuil, président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD).

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Source : Coalition des Sans-Chemise avec CNC, FTQ, CSN, CSQ, CSD
Informations : Isabelle Gareau, FTQ, 514 953-0142