Le secteur manufacturier est en crise, la récession guette le Québec et l’Ontario – Henri Massé président de la FTQ

Stephen Harper doit rencontrer ses vis-à-vis des provinces dans les plus brefs délais

Montréal, le 9 novembre 2007 – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), demande au premier ministre canadien Stephen Harper de convoquer sans délai une rencontre des premiers ministres afin de développer un plan d’action pour faire face à la hausse dévastatrice du dollar canadien sur le secteur manufacturier.

La FTQ ne peut se satisfaire de la réponse du premier ministre qui déclare qu’il n’est pas question de faire pression sur la Banque du Canada afin de freiner la hausse du dollar. « Nous comprenons que le gouvernement ne peut intervenir directement auprès de la Banque du Canada, cependant le gouvernement peut mettre en place des politiques économiques ciblées afin de réduire la pression sur le secteur manufacturier qui traverse une véritable crise. Si Ottawa s’obstine à ne rien faire, c’est toute l’industrie qui risque d’y passer. Tous les signaux sont au rouge. Le gouvernement doit penser aux hommes et aux femmes qui vont se retrouver à la rue », a déclaré le président de la FTQ, Henri Massé.

Les deux économies canadiennes

Actuellement, il y a deux économies au Canada. Celle de l’Ouest, qui vient doper le dollar en raison de sa production de pétrole et du prix du baril qui ne cesse de grimper. Et celle du centre du pays, le Québec et l’Ontario, aux prises avec un secteur manufacturier en grande difficulté. « Il faut savoir que chaque hausse d’un cent du dollar canadien se traduit par la perte de 18 000 emplois dans le secteur manufacturier. La hausse du dollar a déjà coûté plus de 300 000 emplois. Ce sera pire si rien n’est fait. C’en est assez! », a ajouté M. Massé.

L’exemple de la Norvège

« D’autres pays producteurs de pétrole, comme la Norvège, ont pris des mesures afin d’empêcher que le pétrole ne vienne doper leur économie et provoquer des crises dans les secteurs plus sensibles, comme l’industrie manufacturière. Est-ce trop demander au gouvernement canadien d’examiner toutes les options sur la table? » de questionner le président de la FTQ.

Le Conférence Board a tout faux

Par ailleurs, la FTQ ne partage pas du tout la vision du Conférence Board qui prédit une hausse des exportations dès avril 2008. Le Conférence Board compte sur la parité du dollar canadien avec la devise américaine et espère que d’ici là, les entreprises vont profiter d’un dollar canadien fort pour se moderniser. « Le Conférence Board analyse la situation actuelle avec des lunettes roses. En raison de la crise, le secteur manufacturier n’est pas du tout en mode investissement. Les coffres sont à sec, et il n’y a pas une journée qui passe sans qu’une entreprise ne mette la clé dans la porte », a ajouté M. Massé.

La récession guette le Canada

« Sans être prophète de malheur, à la FTQ, on croit que le centre du pays, le Québec et l’Ontario pourraient être en graves difficultés économiques dès avril 2008 et même finir par entrer en récession si rien n’est fait. Il est donc urgent que nos gouvernements prennent des décisions pour soutenir le secteur manufacturier. La FTQ insiste et demande au premier ministre Harper d’acquiescer à la demande du Québec et de réunir au plus tôt les premiers ministres afin de mettre en place des mesures destinées à relâcher la pression sur le secteur manufacturier », a conclu Henri Massé.

La FTQ est la plus grande centrale syndicale québécoise avec plus de un demi-million de membres.

-30-

Source : FTQ
Renseignements : Jean Laverdière, 514 893-7809