« Le gouvernement n’a pas à s’imposer un carcan serré et arbitraire pour le rétablissement de l’équilibre budgétaire en 2013 » – Michel Arsenault, président de la FTQ

Consultations prébudgétaires du gouvernement Charest

Montréal, mercredi 9 décembre 2009 – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) appelle le gouvernement Charest à la modération dans les mesures qu’il entend annoncer dans son prochain budget quant à la recherche de l’équilibre budgétaire à l’horizon de 2013.

Des signes trompeurs de reprise

« Le gouvernement devrait se mettre à l’écoute des nombreuses voix qui s’élèvent pour mettre en garde contre certains signes trompeurs de reprise économique.

« On a vu ainsi qu’une légère baisse du chômage officiel chez nos voisins du Sud résultait non pas de la création d’emplois, mais bien du découragement de dizaines de milliers de travailleurs qui ont cessé de chercher un emploi qui n’existe pas », a indiqué le président de la FTQ, Michel Arsenault, à la sortie d’une rencontre prébudgétaire avec le ministre Raymond Bachand.

Ne tentons pas notre chance en planifiant des compressions

« C’est vrai que nous nous en sortons mieux que d’autres à travers cette crise majeure, mais ne tentons pas notre chance en planifiant des compressions budgétaires de 800 millions de dollars, comme le gouvernement l’a annoncé, compressions qui auraient une incidence importante sur les services publics et sur le soutien de notre économie

« On doit se donner le temps pour traiter de la question des finances publiques et, pourquoi pas, adopter l’échéancier de 2015 retenu par le Canada et l’Ontario. Mais pour l’instant, avec un déficit sous contrôle qui se compare avantageusement à ce qu’on voit ailleurs, le gouvernement devrait se concentrer sur les meilleures façons de donner de l’oxygène aux entreprises au chapitre des liquidités et du financement, de soutenir l’économie comme le recommande le FMI. Nous ne sommes pas encore sortis de la crise comme l’a lui-même reconnu le gouvernement », a rappelé le président de la FTQ.

On paye toujours collectivement pour les mesures des années 1990

« Il faut se rappeler le prix qu’on a payé et qu’on paye toujours collectivement pour l’empressement exagéré pour l’atteinte du déficit zéro dans les années 1990. La prestation des services aux citoyens s’en ressent encore aujourd’hui », a ajouté Michel Arsenault.

Une approche équilibrée

« Il faut attendre d’arriver à la rivière avant de traverser le pont. Mais quand nous serons à la rivière pour discuter des mesures pour viser l’équilibre des finances publiques, il faudra envisager une approche équilibrée qui ne se résume pas aux propositions simplistes de hausse des tarifs et des frais.

« Nous avons toujours favorisé une fiscalité progressive et sur ce plan, il faudra mettre à contribution ceux qui en ont les moyens ainsi que ceux qui ont vu leur revenu s’accroître considérablement ces dernières années », a fait valoir M. Arsenault.

À ce chapitre, le dirigeant syndical estime que les employés des secteurs public et parapublic ont déjà fait leur part et ne doivent pas faire les frais de compression des dépenses de programme qui concernent pourtant l’ensemble des contribuables. Les dernières offres gouvernementales au Front commun syndical pointent dans cette direction.

Les impacts sociaux et économiques des mesures envisagées

Rappelant que le gouvernement Charest a eu tort de ne pas récupérer les 3,2 milliards de dollars évacués par le fédéral, avec toutes les conséquences sur la qualité et la pérennité des services publics, le président de la FTQ s’est montré ouvert à l’examen de toutes les options, mais à la lumière des revenus générés ainsi que des impacts sociaux et économiques des mesures envisagées.

La FTQ est la plus grande centrale syndicale québécoise avec plus de un demi-million de membres.

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Source : FTQ
Renseignements : Jean Laverdière, 514 893-7809