« Le gouvernement fédéral doit augmenter son financement de l'industrie aéronautique » – Henri Massé, président de la FTQ

Montréal, le 11 mars 2004 – « Nous ne laisserons pas Air Canada jouer à la roulette russe avec des dizaines de milliers d’emplois chez Bombardier et dans l’industrie aéronautique canadienne et québécoise sous prétexte de flexibilité et de répartition de ses achats entre Embraer et Bombardier.

« Le gouvernement fédéral doit agir rapidement avec tous les outils à sa disposition pour éviter que ne périclite ce secteur névralgique et augmenter le financement de l’industrie », a insisté M. Henri Massé, président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), dans un appel pressant au gouvernement de Paul Martin.

Le président de la FTQ réagissait à des manchette du Globe and Mail, hier, et de La Presse, ce matin, voulant que le transporteur aérien pourrait ne plus respecter son engagement du 19 décembre dernier de commander à hauteur de 1,3 milliard de dollars des appareils régionaux de Bombardier.

« Nous avons toujours supporté Air Canada dans ses meilleurs et dans ses pires moments, on s’attendrait qu’en retour Air Canada supporte l’industrie aéronautique canadienne et québécoise », a expliqué pour sa part Michel Lauzon, président du Syndicat des machinistes de Bombardier, membre de l’Association internationale des machinistes et des travailleurs de l’aérospatiale (AIMTA-FTQ).

« Nous demandons au premier ministre Paul Martin de se pencher en priorité sur la mise en place d’une véritable politique de l’aéronautique. Il n’est pas inutile de lui rappeler que les seuls employés de Bombardier ont contribué par leurs impôts à hauteur de près de un milliard $ depuis 3 ans aux deux paliers de gouvernement », a ajouté M. Lauzon.

Des emplois de qualité dans un secteur fragile

« On sait tous que l’aéronautique est un secteur fragile, particulièrement depuis les événements du 11 septembre 2001, mais il s’agit quand même d’un secteur qui génère des revenus annuels de plus de 20 milliards de dollars à l’échelle canadienne, dont une bonne part au Québec.

« Les dizaines de milliers d’emplois (plus de 50 000) qu’on retrouve dans la production d’appareils, de pièces et de matériel aéronautique sont des emplois de qualité dont les salaires dépassent largement le salaire moyen.

« Comme société on ne peut se permettre le luxe de perdre une partie de ces emplois au profit du Brésil ou de la Chine. Et il ne s’agit pas de protectionnisme car ces pays disposent déjà de marchés intérieurs et extérieurs importants », a indiqué le président des Machinistes de Bombardier.

Une production à forte valeur ajoutée

« On se bat depuis des années pour des industries de deuxième et troisième transformation à forte valeur ajoutée. On a déjà parlé de l’aluminium dans la production d’automobiles, mais c’est déjà le cas pour les fuselages d’avions que Bombardier produit, par exemple.

« Au Canada, on parle de plus de 50 % de valeur ajoutée dans la production manufacturière de l’industrie aéronautique contre moins de 40 % pour l’ensemble de la production manufacturière.

« Une politique de l’aéronautique doit non seulement permettre de sauver ce secteur, dont 89 % de la production est destinée à l’exportation, mais elle doit en assurer l’expansion », a ajouté M. Lauzon.

Le gouvernement fédéral doit saisir la balle au bond

« Au moment où Air Canada est en pleine restructuration et spécule sur ses sources d’approvisionnement en nouveaux appareils régionaux, mieux adaptés au marché actuel, le gouvernement fédéral doit saisir la balle au bond et annoncer clairement ses couleurs en faveur d’une véritable politique qui assure des garanties de financement concurrentielles.

« À ceux qui poussent les hauts cris soi-disant en vertu des accords de commerce multilatéraux, je rappellerai que les Embraer, Boeing et Airbus jouissent déjà de généreux soutiens de la part de leurs gouvernements nationaux respectifs », a précisé M. Lauzon.

Défendre les emplois face à la mondialisation

« Des gros joueurs comme Bombardier sont très bien capables de tirer leur épingle du jeu sur les marchés internationaux avec une diversification importante de leurs sites de production et de leurs créneaux d’activités. »

Faut-il rappeler que Boeing, présente partout dans le monde et largement subventionnée, s’est vue dérouler le tapis rouge lorsqu’elle a déménagé son siège social de Seattle à Chicago récemment.

« Notre mandat à nous c’est de défendre les emplois, de promouvoir le développement des conditions de création d’emplois de qualité. Nous assumons donc nos responsabilités mais le gouvernement fédéral doit mettre l’épaule à la roue. Le secteur de l’aéronautique est sans contredit l’un de ceux qui est le plus directement confronté à la réalité de la mondialisation. Nous y avons développé une niche importante, il nous faut la développer », a conclu Henri Massé.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres.

Source

  • FTQ
  • http://ftq.qc.ca

Renseignements

  • Louis Cauchy
  • lcauchy@ftq.qc.ca