Le gouvernement doit faire plus d’efforts pour enrayer les inégalités, y compris en matière de violences faites aux femmes

Photo: Isabelle Gareau

Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes

Montréal, le 6 décembre 2015. – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) profite de la journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes, soulignée chaque année le 6 décembre en souvenir de la tuerie de Polytechnique, pour dénoncer l’omniprésence des violences faites aux femmes et exhorter le gouvernement à renforcer ses politiques et à y investir les sommes nécessaires.

« Nous reconnaissons les efforts consentis au Québec, mais la persistance des discriminations systémiques et des inégalités que vivent les femmes nécessitent que le gouvernement y consacre plus d’efforts et qu’il y alloue des ressources adéquates, y compris pour les maisons d’hébergement. La Politique gouvernementale pour l’égalité entre les hommes et les femmes au Québec « Pour que l’égalité de droit devienne une égalité de fait » doit être non seulement renouvelée, mais vraiment renforcée à tous égards », affirme le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux.

Du côté fédéral, la FTQ salue le respect de l’engagement du gouvernement Trudeau, lors du discours du Trône, de mener une enquête nationale sur les meurtres et les disparitions des femmes autochtones.

Prenant part à la campagne des 12 jours d’action pour l’élimination de la violence faite aux femmes (25 novembre au 6 décembre), la FTQ invite ses syndicats affiliés à se souvenir, à prévenir et à agir pour contrer toutes les formes de violence faites aux femmes, y compris celles persistant dans les milieux de travail.

« Les syndicats ont un important rôle à jouer pour améliorer la sécurité en milieu de travail et mettre fin à la violence faite aux femmes, et ce, pas seulement le 6 décembre. Ils peuvent négocier des clauses dans les conventions collectives, comme des congés payés pour les victimes de violence, offrir des programmes de formation syndicale auprès des intervenants et intervenantes en santé et sécurité du travail (SST), des personnes déléguées syndicales et déléguées sociales, des conseillers syndicaux et conseillères syndicales, etc. Ils peuvent aussi exercer des pressions sur les gouvernements pour améliorer les législations notamment en SST », explique la présidente du comité de condition féminine de la FTQ et vice-présidente représentant les femmes de la FTQ, Louise Michaud.

Les milieux de travail, reflet de la société

Les violences faites aux femmes prennent différentes formes : physique, sexuelle, psychologique, économiques, etc., et les milieux de travail n’en sont pas exempts. En 2014, une travailleuse sur quatre travailleurs canadiens avait vécu du harcèlement sexuel au travail, soit trois fois plus (43 %) que les hommes (12 %).

Le harcèlement psychologique n’est pas en reste avec une hausse de 5,3 % des demandes à la Commission des normes du travail liées au harcèlement psychologique, passant de 4 088 à 4 303 demandes. Il est démontré que plus de femmes que d’hommes vivent du harcèlement psychologique au travail particulièrement dans les secteurs où l’on retrouve un grand nombre de femmes (santé, enseignement, services gouvernementaux, etc.).

Par ailleurs, la violence conjugale a aussi des effets en milieu de travail. En effet, l’étude du Congrès du travail du Canada (2014), à laquelle la FTQ a participé, révèle que 82 % des personnes victimes de violence conjugale ont déclaré que cela avait nui à leur capacité de travailler, que près de 40 % d’entre elles ont déclaré que la violence conjugale les avait empêchées d’aller travailler, et que près de 10 % ont dit avoir perdu leur emploi en conséquence. De plus, la moitié des travailleuses et travailleurs victimes de violence conjugale ont déclaré subir des actes de violence sur leur lieu de travail ou à proximité. Ces résultats concordent avec ceux de l’étude menée par la FTQ et la Chambre des notaires en 1993.

Drapeaux en berne sur les édifices de la FTQ et du Fonds de solidarité

Depuis 1991, la FTQ commémore la tragédie de Polytechnique, où 14 jeunes femmes ont été tuées parce qu’elles étaient des femmes et qu’elles se destinaient à une profession traditionnellement masculine. Pour une deuxième année, la FTQ et le Fonds de solidarité FTQ ont hissé des drapeaux lançant un appel à l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Ces drapeaux seront en berne sur les deux édifices du boulevard Crémazie à Montréal.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus de 600 000 membres, dont près de 40 % sont des femmes.