« Le gouvernement Couillard diminue les outils de développement collectif, mais ne propose pas de politique économique. » — Daniel Boyer, président de la FTQ

Étude du projet de loi no 28 visant le retour à l’équilibre budgétaire

Québec, le 3 février 2015. – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) présente devant la Commission des finances publiques son mémoire sur le projet de loi no 28. Cette loi mammouth visant le retour à l’équilibre budgétaire en 2015-2016 touche à plusieurs outils de développement économique, tels que les tarifs d’électricité et les instances de développement régional, sans proposer une politique économique cohérente. Ce texte marque également un tournant majeur dans la politique familiale du Québec en imposant un choc tarifaire dans les garderies subventionnées.

« On ne comprend pas bien l’approche des libéraux de Couillard. En campagne électorale, ils se présentaient comme des ‘’pros’’ du développement économique, ils semblaient pressés de créer 250 000 emplois. Mais une fois au pouvoir, ils disent que les coupes budgétaires et les abolitions de postes sont plus importantes pour notre santé économique. Autrement dit, au lieu de créer des emplois, on en coupe. Au lieu de renforcer nos instruments de développement, on les affaiblit! », s’exclame le président de la FTQ, Daniel Boyer.

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« De notre côté, on attend encore une politique de développement économique cohérente qui amène de la création d’emplois et du dynamisme dans les régions », ajoute M. Boyer. « Avec le projet de loi no 28, on a exactement le contraire : on coupe dans les instances de concertation régionale et de développement économique local (CRÉ et CLD), on modifie les règles de la Régie de l’énergie pour s’approprier les surplus d’Hydro-Québec, on porte atteinte au contrat social entourant le bloc patrimonial d’électricité, on sabote le développement du programme de garderies publiques qui a permis l’augmentation du taux d’activité des femmes », analyse le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux.

« Nous sommes sincèrement préoccupés de voir des choix politiques très engageants pour l’économie comme l’abolition des CRÉ ou des modifications majeures à la méthode de calcul des tarifs d’électricité se faire presque à la légère, sans réelles consultations ni débats publics. Modifier les grandes orientations de la politique familiale en interrompant ni plus ni moins le développement du réseau des CPE est un choix de société qui mérite plus d’attention et pourtant tout cela se fait dans un seul et unique immense projet de loi qui touche à des dizaines de domaines de l’intervention publique », ajoute M. Cadieux. « Nous avons été clairs dès l’automne : ce gouvernement précipite les choses. Ça nous semble malsain au plan démocratique et mal avisé au plan économique », conclut le président de la centrale.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses.