« Le gel des effectifs est un élément de plus dans le projet caché de M. Couillard : la réingénierie de l’État. » — Daniel Boyer, président de la FTQ

Réaction de la FTQ au projet de loi no 15 sur le contrôle des effectifs dans le secteur public

Montréal, le 10 octobre 2014. – À l’occasion du dépôt du projet de loi no 15 sur le contrôle des effectifs dans le secteur public, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) dénonce le projet de réingénierie de l’État dans lequel se sont lancés les libéraux de Philippe Couillard. Comme en 1986 avec Robert Bourassa et en 2004 avec Jean Charest, le Parti libéral du Québec à peine élu lance une vaste opération de restructuration de l’État dans le but d’en réduire la taille et les services.

« Après le budget Leitão et la frénésie d’annonces délirantes des derniers mois, on commence à voir émerger le véritable projet que caresse le gouvernement Couillard : c’est le même que proposait Jean Charest en 2004 qui avait été clairement rejeté par la population », indique le président de la FTQ, Daniel Boyer.

« Le projet de loi no 15 est un élément de plus dans l’offensive néolibérale que mènent les libéraux parce qu’il consiste à donner le pouvoir à quelques personnes au sommet de l’État afin qu’elles puissent décider de la gestion des effectifs de l’ensemble du secteur public. C’est absurde, s’insurge Daniel Boyer, tout le monde sait bien que c’est un désir de contrôle impossible à satisfaire sur la durée. C’est pourquoi nous pensons que l’intention réelle est cachée : il s’agit en fait d’avoir momentanément le pouvoir d’atteindre l’objectif du déficit zéro en réduisant la masse salariale de l’État. »

« Il faut déplorer que, contrairement à Jean Charest, les libéraux n’aient pas eu le courage d’annoncer leurs intentions lors des élections d’avril dernier. Peut-être qu’ils pensent que M. Charest a échoué parce qu’il n’avait pas pris soin de dissimuler suffisamment son plan de sabotage de l’État québécois », analyse Daniel Boyer.

« La FTQ et ses syndicats affiliés ont vivement réagi au projet du gouvernement Charest en 2004 et nous avons l’intention cette fois encore de faire comprendre au gouvernement que sa majorité à l’Assemblée nationale n’équivaut pas à une autorisation de faire tout ce qu’il veut », ajoute Daniel Boyer. « Ce gouvernement semble vouloir gérer le Québec en fonction du seul objectif de l’atteinte du déficit zéro. Pour nous, le gel des effectifs signifie tout simplement moins de services à la population. En fin de compte, c’est la classe moyenne et les plus démunis qui vont en payer le prix », déplore le président de la FTQ.

Rappelons que la FTQ demande depuis l’élection du nouveau gouvernement que l’objectif du déficit zéro soit reporté à l’exercice 2016-2017 afin de donner la marge de manœuvre nécessaire au gouvernement du Québec pour ne pas porter atteinte durablement aux services essentiels à la population en santé et en éducation.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses.