Le Front commun interpelle les congressistes du Parti libéral

Photo : Coopérative de solidarité Belvédère

Montréal, le 14 juin 2015 – Des milliers de travailleuses et de travailleurs des services publics ont interpellé les membres du Parti libéral à l’occasion de leur congrès pour dénoncer les offres du gouvernement dans le cadre des négociations du secteur public.

«Martin Coiteux nous répète depuis des mois qu’il faut rétablir l’équilibre budgétaire, mais quand on lui suggère des pistes concrètes d’économies, il ne fait preuve d’aucune écoute, a déploré le président de la FTQ, Daniel Boyer. L’État québécois pourrait économiser des millions en mettant fin à la sous-traitance dans les services publics. Nos réseaux pourraient être nettement plus efficaces si on octroyait plus d’autonomie professionnelle aux travailleuses et aux travailleurs et si on combattait la précarité d’emploi. Autant de propositions que nous avons mises de l’avant à nos tables de négociation et pour lesquelles nous n’avons reçu aucune réponse de la part du gouvernement.»

«Les membres du Parti libéral sont comme l’ensemble des citoyennes et des citoyens du Québec : chaque jour, ils bénéficient de services publics de qualité, a rappelé Francine Lévesque, vice-présidente de la CSN. Certains d’entre eux, ainsi que des membres de leur famille, travaillent dans le secteur public. Je ne peux pas croire qu’ils soient d’accord avec les orientations de la direction de leur parti, qui voudrait nous appauvrir en gelant nos salaires et, en charcutant notre régime de retraite, nous appauvrir jusqu’à la fin de nos jours. Je ne pense pas qu’ils approuvent qu’on s’attaque ainsi au plus grand groupe de travailleuses du Québec, alors que les femmes occupent 75 % des emplois du secteur public. Nous les invitons à faire entendre leur voix lors du congrès du Parti libéral.»

Les porte-parole du Front commun en ont profité pour présenter au parti près de 100 000 cartes d’engagement signées par des salariés de l’État au cours des derniers mois. «Depuis quelques mois, près de 100 000 personnes ont signifié leur engagement au Front commun pour appuyer leurs comités de négociation et les revendications que nous portons, a indiqué Louise Chabot, porte-parole du SISP. Les travailleuses et les travailleurs du secteur public sont indignés devant les nombreuses attaques portées par le gouvernement à leurs conditions de travail. Il n’est donc pas surprenant que les débats sur la grève soient déjà bien amorcés au sein de nos organisations. Nous sommes ici pour signifier au Parti libéral que dès le retour des vacances, nous demanderons à nos syndicats de se doter de mandats de grève afin que nous puissions y avoir recours, si les négociations continuent de piétiner, dès l’automne. D’ici là, nous appelons toutes les parties à négocier de bonne foi afin de parvenir à des ententes négociées. Si le gouvernement persiste à ignorer nos revendications, nous n’aurons d’autre choix que d’intensifier nos moyens de pression.»

À propos

Le Front commun regroupe le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP, formé de la CSQ, du SFPQ et de l’APTS), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ). Ensemble, ces organisations représentent plus de 400 000 travailleuses et travailleurs des réseaux de la santé et des services sociaux, de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la fonction publique du Québec. Les conventions collectives du secteur public sont échues depuis le 31 mars 2015.