« La réforme du mode de scrutin ne doit pas se faire sur le dos de la démocratie et le gouvernement doit faire preuve de prudence »– Henri Massé, président de la FTQ

Montréal, jeudi le 9 mars 2006 – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) est en faveur d’une réforme prévoyant un scrutin mixte proportionnel, mais rejette les modalités proposées par le gouvernement. Dans son mémoire présenté aujourd’hui devant la Commission parlementaire spéciale sur la Loi électorale, la FTQ a invité le gouvernement à faire preuve de discernement.

« Si la FTQ rejette l’avant-projet de loi sur la Loi électorale tel que rédigé, c’est qu’elle craint pour la stabilité des gouvernements. Avec la réforme proposée, le Québec risque de se retrouver avec une succession de gouvernements minoritaires, mettant en péril la stabilité parlementaire, ce qui ne ferait qu’affaiblir le Québec face au gouvernement fédéral. C’est pourquoi nous recommandons la prudence », de déclarer le président de la FTQ, M. Henri Massé.

Cependant, la FTQ reconnaît que la société québécoise a évolué et qu’une place réelle doit être faite au pluralisme politique. « La FTQ favorise plutôt une approche modérée et souhaite l’adoption d’un mode de scrutin majoritaire avec des éléments de proportionnalité afin de permettre de façon régulière l’élection d’un gouvernement majoritaire », de poursuivre M. Massé.

Par exemple, dans son mémoire la FTQ propose l’élection de 100 députés de circonscription et de 30 députés provenant des listes des partis. Pour avoir droit à un siège de liste, un parti devra récolter au moins 5 % des suffrages à l’échelle du Québec.

Par ailleurs dans la réforme gouvernementale, les nouvelles formations politiques devront récolter au moins 15 % des votes pour espérer obtenir un siège provenant de la liste des partis. « Cette proposition est irrecevable. La FTQ préfère que cet avant-projet de loi soit tout simplement jeté à la poubelle si le gouvernement ne veut pas modifier le seuil du 15 %, plutôt que de bercer d’illusion la population du Québec avec une réforme qui ne serait que de la poudre aux yeux et qui ne ferait que maintenir le tripartisme PLQ, PQ, ADQ », de conclure M. Massé.

Enfin, la proposition de la FTQ peut sembler timide, mais elle se veut surtout prudente. Il sera toujours temps après avoir expérimenté ce nouveau mode de scrutin, après deux ou trois élections, d’en dresser un bilan et de le bonifier si nécessaire.

Par ailleurs, comme il s’agit d’un changement important, cette réforme doit être soumise à l’approbation de la population par la voie d’un référendum qui devrait se tenir en même temps qu’une élection générale.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres.

Source

  • FTQ
  • http://ftq.qc.ca

Renseignements

  • Jean Laverdière
  • jlaverdiere@ftq.qc.ca