La pénurie qui frappe les professionnels de la santé pourrait bientôt s’étendre aux ouvriers de ce secteur

Rapport sur la rémunération de l’ISQ

Montréal, vendredi 28 novembre 2008 – « C’est une lecture inquiétante que nous faisons de la comparaison de la rémunération des salariés des secteurs public et parapublic québécois avec les autres secteurs syndiqués et non syndiqués, rendue publique ce matin par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) », a déclaré le secrétaire général de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), René Roy, après la sortie du rapport de l’ISQ.

Retard du secteur public toutes catégories d’emplois confondues

Au total, toutes catégories d’emplois confondues, les salaires accusent un retard moyen de 7,7 % et de 15 % si on limite l’analyse au secteur privé syndiqué.

Si l’on s’en tient aux salaires maximums que les salariés du secteur public pourraient espérer gagner dans les autres secteurs, les écarts sont tout aussi significatifs, comme on peut le voir dans le tableau ci-dessous :

Catégorie d’emploi Secteur public Autres secteurs Écart(%)

Salaires maximums

Retard du secteur public toutes catégories d’emplois confondues
Catégorie d’emploi Secteur public Autres secteurs Écart (%)
Professionnels 70 819 $ 76 378 $ - 7,9 %
Techniciens 47 170 $ 52 594 $ - 11,5 %
Personnel de bureau 36 252 $ 41 424 $ - 14,3 %

Chez les employés de métiers, un retard qui frise « l’inimaginable »

Le retard salarial moyen atteint 27,5 % pour les employés de métiers par rapport à l’ensemble des ouvriers québécois. Si on raffine l’analyse, le retard atteint 31,6 % par rapport aux autres ouvriers québécois syndiqués et 36,9 % par rapport aux ouvriers syndiqués du secteur privé. Même en comparant avec le secteur privé non syndiqué, ce retard salarial atteint 6 %, ce qui est loin d’être négligeable.

Il faut rectifier le tir rapidement

« Pourquoi un électricien, mécanicien, un peintre ou tout autre ouvrier serait-il enclin à intégrer le secteur public avec de tels écarts de rémunération? La perspective d’une pénurie dans ces corps de métiers est bien réelle et il faut rectifier le tir rapidement.

« Sans quoi, les administrations vont accélérer le recours à la sous-traitance qui, non seulement coûte cher, mais nous prive également d’une expertise précieuse », a ajouté le secrétaire général de la FTQ.

Éviter l’exode des salariés du public vers le secteur privé
« Quel qu’il soit, le prochain gouvernement devra donner un sérieux coup de barre s’il veut éviter l’exode de ses salariés vers le secteur privé, comme c’est déjà le cas dans le secteur de la santé. C’est très préoccupant », a fait valoir René Roy.

« Chaque parti politique doit clairement se positionner dans cet épineux dossier. Le plus tôt sera le mieux », a conclu le secrétaire général de la FTQ.

La FTQ est la plus grande centrale syndicale québécoise avec plus de un demi-million de membres.

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Source : FTQ
Renseignements : Louis Cauchy, 514 235-3996