« La FTQ va épauler la région pour réussir son pari pour l’emploi, pour le dynamisme économique » - Michel Arsenault, président de la FTQ

Crise forestière et développement régional

Rouyn-Noranda, mercredi 6 février 2008 – « Ce que j’ai vu dans la région depuis hier matin, c’est une volonté de se battre pour redynamiser l’économie, pour sauvegarder et créer des emplois de qualité, pour assurer une formation qui répond aux besoins de main-d’œuvre des entreprises.

« La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) va continuer à mettre l’épaule à la roue pour aider les intervenants régionaux et les travailleurs à réussir ce pari », a déclaré le président de la FTQ, Michel Arsenault, à l’occasion de son passage à Rouyn-Noranda dans le cadre de sa tournée abitibienne.

« Je veux saluer particulièrement le courage et la détermination des travailleurs de Domtar à Lebel-sur-Quévillon et je demande formellement à Domtar de se conduire en bon citoyen corporatif et de s’asseoir avec le syndicat local pour trouver des moyens pour assurer la relance de l’usine », a ajouté M. Arsenault.

Le Fédéral doit mettre sa juste part sur la table

Mais le président de la FTQ estime urgent que les différents paliers de gouvernement, particulièrement le Fédéral où se trouve l’argent, prennent leurs responsabilités et surtout débloquent les budgets nécessaires pour soutenir les régions et notamment l’Abitibi-Témiscamingue afin de surmonter les effets de la présente crise.

« Avec un taux de chômage parmi les plus élevés du Québec, à plus de 12 % si on enlève la portion Outaouais du calcul de Statistique Canada, avec une crise forestière qui frappe de plein fouet des communautés entières, votre région mérite mieux qu’un saupoudrage comme celui annoncé en grande pompe par le gouvernement Harper récemment.

« Que ce gouvernement, qui nage littéralement dans des surplus de milliards de dollars avec notre argent, renonce à lier sa mesure à l’adoption de son prochain budget ne change rien à son caractère inacceptable. Le Québec n’a pas sa juste part, les secteurs les plus mal en point n’ont pas leur juste part, l’Abitibi-Témiscamingue n’a pas sa juste part », a martelé Michel Arsenault.

On doit prévenir les coups

« On ne se mettra pas la tête dans le sable, une reconfiguration importante des secteurs manufac–turier et forestier est en cours et à venir. Mais on ne doit plus simplement réagir quand le feu est pris dans la maison, on doit prévenir les coups comme on l’a fait dans la sidérurgie il y a une dizaine d’années, en prévoyant des programmes adaptés de formation de la main-d’œuvre, de re–placement ou encore des mesures pour faciliter la prise de retraite pour les travailleurs plus âgés ».

Miser sur la formation de la main-d’oeuvre

« Même si on ne baisse pas les bras, au contraire, dans le secteur de la forêt, on doit saluer les efforts régionaux pour la mise sur pied d’une mine-école et la formation d’une relève d’ici et le développement d’une main-d’œuvre spécialisée dans le secteur minier », a fait valoir le président de la FTQ.

Accès à la santé : les solutions existent dans le système public

Abordant un sujet brûlant d’actualité, à moins de 10 jours du dépôt du rapport Castonguay sur le financement de la santé, Michel Arsenault a déploré que certains veuillent créer une véritable business de la santé comme seule réponse simpliste aux problèmes des listes d’attente dans le réseau. Il a établi un parallèle avec le recours au privé pour l’entretien des écoles dont la salubrité a récemment été mise en question dans les commissions scolaires de la région.

« Des solutions aux problèmes d’accès aux services de santé existent dans le système public, pour peu qu’on ait le courage de les mettre en œuvre, comme les horaires des blocs opératoires, la délégation de certains actes à des infirmières ou à des techniciens spécialisés, des mesures d’attraction et de rétention de médecins et spécialistes en région.

« La dernière trouvaille du privé, la consultation, le diagnostic et la prescription sur Internet. Le citoyen de Val-d’Or qui a de la misère à respirer va s’installer devant son ordinateur avec webcam et expliquer à un médecin de Montréal ou Québec qu’il a fait une mauvaise chute, il va recevoir son diagnostic par courriel et le pharmacien local va recevoir la prescription. Toute une avancée médicale pour les gens en région », a ironisé M. Arsenault.

Le nouveau dirigeant de la FTQ a d’ailleurs profité de son passage dans la région pour rendre public un document vidéo en appui à sa campagne de pétition pour le maintien et l’amélioration du système public québécois en santé.

La FTQ est la plus grande centrale syndicale québécoise avec plus de un demi-million de membres au Québec.

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Source : FTQ
Renseignements : Gilles Chapadeau, 819 279-7828
Jean Laverdière, 514 893-7809