La FTQ réagit au discours inaugural de Pauline Marois

« Des pas dans la bonne direction, mais encore beaucoup de chemin à parcourir
– Daniel Boyer, secrétaire général de la FTQ

Québec, le 31 octobre 2012 – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) salue plusieurs des annonces faites aujourd’hui par la première ministre Pauline Marois lors de son discours inaugural. « La situation minoritaire du gouvernement est difficile, mais plusieurs engagements chers à la population du Québec et à la société civile ont été respectés. L’opposition a maintenant la responsabilité de coopérer avec le gouvernement. De notre côté, nous avons la ferme intention de collaborer de bonne foi tout en restant
vigilants
», a déclaré le secrétaire général de la FTQ, Daniel Boyer.

La lutte à la corruption : la lumière doit être faite

La FTQ, qui a toujours exigé que la commission d’enquête publique sur l’industrie de la construction englobe également la question du financement des partis politiques, salue l’annonce du dépôt de deux projets de loi qui permettront de resserrer les règles. « Nous partageons les mêmes préoccupations que le reste de la population quant aux coûts des travaux, à l’octroi des contrats et au financement des partis politiques », affirme Daniel Boyer.

Politique de développement des ressources naturelles : la FTQ restera vigilante

La FTQ se réjouit que le gouvernement entende rendre plus contraignant le régime de redevances pour l’industrie minière. « Nous sommes d’avis que les revenus que l’on tire des ressources naturelles doivent devenir un levier de développement pour le Québec. L’exploitation des ressources doit se faire dans le respect des communautés et de l’environnement et permettre la construction d’une société meilleure, plus égalitaire en termes de qualité de vie et de vitalité régionale », explique Daniel Boyer.

Aussi, il importe que l’exploitation des ressources naturelles soit accompagnée d’une 2e et 3e transformation, car c’est ce qui permet notamment de créer des produits à valeur ajoutée, de dynamiser le secteur manufacturier et de diversifier le tissu productif d’une région. « La FTQ a toujours soutenu la transformation des ressources naturelles chez nous, car elle offre un potentiel économique énorme, mais aussi, parce qu’il y a, à la clé, des milliers d’emplois en jeu. Les annonces à cet égard sont des pas dans la bonne direction », déclare Daniel Boyer.

La FTQ s’inquiète par ailleurs de certaines mesures annoncées, notamment en ce qui concerne la mise en œuvre du nouveau régime forestier. Selon la FTQ, plusieurs aspects de celui-ci ne tiennent pas compte des droits des travailleurs et représentent une attaque réelle au droit à la syndicalisation. La centrale salue par ailleurs le dépôt d’une charte du bois, l’annonce de l’accélération des travaux sylvicoles et l’interpellation de la Régie du bâtiment pour permettre la construction d’édifices en bois de plus de trois étages.

Des engagements maintenus en matière d’éducation

La FTQ a toujours soutenu que l’augmentation des droits de scolarité menace l’accessibilité aux études. En ce sens, la centrale est satisfaite de la décision du gouvernement de respecter ses engagements en ce qui a trait à l’abolition de la hausse des droits de scolarité et à la tenue d’un sommet sur le financement de l’éducation postsecondaire. « Le réseau de l’éducation a un criant besoin de ressources et l’annonce d’ajout de professionnels et professionnelles pour les élèves en difficulté dans les écoles élémentaires et secondaires est aussi une très bonne nouvelle », soutient Daniel Boyer.

Finances publiques : une mauvaise stratégie selon la FTQ

La faible croissance économique du Québec laisse présager des difficultés budgétaires. Alors que le contexte actuel milite pour que le gouvernement révise l’échéancier de retour à l’équilibre budgétaire, ce dernier maintient sa volonté de se conformer à l’objectif fixé par le précédent gouvernement, soit un budget équilibré en 2013-2014. « Nous sommes inquiets, car cette stratégie risque d’entraîner des compressions budgétaires qui mettront en péril certains services publics et programmes sociaux », déplore Daniel Boyer.

Dans ce difficile exercice, la FTQ estime que le gouvernement devrait chercher des revenus supplémentaires par l’introduction de mesures progressives. La FTQ a été déçue de la décision gouvernementale de renoncer à l’abolition de la taxe santé, une mesure régressive. « Nous espérons que le gouvernement respectera sa promesse électorale aussitôt que les conditions favorables seront réunies. » Prenant acte du déchaînement médiatique qui a suivi l’annonce de certaines mesures fiscales, la FTQ estime qu’une réflexion structurée et constructive sur la fiscalité s’impose pour notamment faire la lumière sur l’imposition des dividendes et des gains de capital et l’ajout de paliers d’imposition.

Par ailleurs, la FTQ est satisfaite de constater le respect des engagements du Parti Québécois concernant la création de places dans les services de garde, de soins à domicile et l’accès aux médecins de famille est une bonne nouvelle.

L’amélioration des régimes de retraite : le PQ doit exercer son leadership

À ce chapitre nous comprenons la prudence du gouvernement qui souhaite attendre le rapport du comité D’Amours avant de proposer des mesures concrètes en ce qui touche les régimes d’employeurs, mais la FTQ rappelle qu’il est urgent d’améliorer la sécurité financière à la retraite pour tous et la meilleure façon de le faire, et ce, en toute équité, est de bonifier la Régie des rentes du Québec. À ce titre, nous souhaitons ardemment que le PQ tienne promesse en ce sens et qu’il se prononce en faveur d’une amélioration aux régimes publics lors de la prochaine rencontre des ministres des Finances en décembre prochain.

Projet de loi 33 sur le placement syndical : rien de nouveau

La FTQ aurait souhaité des annonces concrètes et espère que le gouvernement permettra aux syndicats de parler avec les employeurs dans le règlement mettant en place le système de référence dans l’industrie de la construction.

La langue : un bon coup de barre

L’annonce du dépôt d’une nouvelle Charte de langue française est de bon augure. Cela nous donnera l’occasion de faire l’inventaire de la situation du français au Québec et plus particulièrement dans les milieux de travail et d’élaborer un plan visant à colmater les faiblesses du régime actuel.

Concernant les personnes immigrantes, la FTQ ne peut que se réjouir de l’attention que le gouvernement compte accorder à leur intégration au monde du travail.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus de 600 000 membres.

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Source : FTQ
Renseignements : Jean Laverdière, 514 893-7809