La FTQ exhorte le gouvernement à mettre en place un dialogue social constructif

À l’heure des bilans et alors que la colère gronde dans la population et dans ses rangs, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) invite le gouvernement de Philippe Couillard à mettre en place un véritable dialogue social et à réparer les dégâts causés par ses politiques d’austérité des deux dernières années.

À un peu plus d’un an des élections provinciales et alors que le gouvernement a annoncé qu’il entendait enfin réinjecter des sommes cruellement nécessaires dans les services publics mis à mal par ses propres politiques d’austérité, la centrale syndicale juge qu’il est plus que temps qu’il écoute le mécontentement général et prenne en considération les propositions réalistes et concrètes des différents acteurs incontournables de la société civile, dont le mouvement syndical. « Sondages à l’appui, la population du Québec en a soupé des problèmes de prestation de services et d’accès à nos services publics. Les gens sont indignés des conséquences des coupes de ce gouvernement, que ce soit dans l’aide aux élèves en difficulté ou dans les résidences pour nos personnes aînées ou encore de la hausse des tarifs de nos CPE. Si le gouvernement a une réelle intention de remédier au mécontentement de la population, il devra notamment annoncer des réinvestissements rapides et suffisants en santé et en éducation », s’insurge le président de la FTQ, Daniel Boyer.

Du même souffle, le président de la plus grande centrale syndicale au Québec affirme que : « Après 31 mois au pouvoir, force est de constater que ce gouvernement penche toujours du même côté et c’est immanquablement du côté des associations patronales. La possible annonce de la hausse du salaire minimum qui sera en vigueur en mai prochain serait un bon moment pour le gouvernement de se mettre en mode écoute face au vaste mouvement en faveur du salaire minimum à 15$ l’heure et de se doter d’un réel plan d’action pour sortir les travailleurs les plus démunis de la pauvreté ».

La FTQ déplore également que, dans chacun des dossiers impliquant l’application du Code du travail, le gouvernement ait choisi de faire reculer les droits des travailleurs et des travailleuses. Cela a été particulièrement odieux dans le secteur municipal où les lois ont modifié les régimes de retraite et les régimes de négociation. « Le gouvernement a bafoué nos droits syndicaux les plus élémentaires et renié l’un des droits constitutionnels des plus fondamentaux, à savoir celui de pouvoir librement négocier une convention collective », ajoute le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux.

 Perspectives 2017

Les mandats confiés aux dirigeants lors du 31e Congrès de novembre dernier sont nombreux et vont guider la direction de la FTQ au cours des prochains mois. La campagne Minimum 15 $, la politique sur les changements climatiques et la lutte contre les inégalités font partie des priorités de la centrale. « Il faut, entre autres, mettre fin aux clauses de disparité de traitement dans les conventions collectives en fonction de la date d’embauche, que ce soit pour les régimes de retraite ou les assurances collectives. Nous ne nous attendons à rien de moins qu’à une modification à la Loi sur les normes du travail, avec laquelle d’ailleurs tous les partis politiques sont d’accord », mentionne Serge Cadieux.

En matière d’emploi, la FTQ invite le gouvernement à saisir l’occasion du rendez-vous national sur la main-d’œuvre prévu en février prochain pour lancer un dialogue afin d’en arriver à la mise en place d’une véritable politique industrielle qui devra prévoir une transition juste vers une économie plus propre, plus verte et plus égalitaire, incluant des programmes et des mesures qui correspondent aux besoins des travailleurs et des travailleuses. « La lutte contre les changements climatiques à laquelle nous souscrivons entièrement soulève de grandes transformations. Des emplois vont disparaître; d’autres vont être créés en raison des nouvelles technologies. Le gouvernement n’a pas le droit d’abandonner ces travailleurs et ces travailleuses, il doit les accompagner dans cette transition », déclare le président de la FTQ.

La FTQ attend également du gouvernement Couillard qu’il bonifie le Régime de rentes du Québec. « Il y a consensus à travers le pays et le Québec ne doit pas faire bande à part. Il est absolument inimaginable que le Québec n’offre pas à ses citoyens et citoyennes la même retraite que dans le reste du Canada », affirment les leaders syndicaux en annonçant qu’ils entendent prendre activement part aux consultations prévues dès janvier sur cet enjeu majeur.

 Dans le secteur de la construction, la FTQ est particulièrement inquiète de la situation qui prévaut sur les chantiers et réitère sa demande à l’effet d’assurer la présence d’un représentant à la prévention en santé et sécurité sur chaque chantier de construction au Québec. « Chaque mort est un mort de trop et la prévention est la seule véritable clé pour remédier à cette situation », affirme Serge Cadieux. La centrale a également demandé au gouvernement de créer une commission d’enquête publique à la suite d’un troisième accident mortel survenu récemment sur le chantier de la Romaine.

Toujours dans le secteur de la construction, d’importantes négociations vont se mettre en branle au cours des prochains mois. Pour les travailleurs et travailleuses de cette industrie, il faut mettre fin à une profonde injustice qui fait en sorte que les dispositions anti-briseur de grève ne s’appliquent pas et qu’ils ne peuvent bénéficier d’une rétroactivité au terme de la négociation, ce qui est tout à fait injuste. Résultat : les employeurs ont tout intérêt à faire durer la négociation et c’est ce qu’ils font de contrat de travail en contrat de travail.

Sur la scène fédérale, la FTQ salue le respect de certains engagements électoraux du gouvernement de Justin Trudeau, mais entend talonner celui-ci de près afin qu’il livre l’ensemble de la marchandise annoncée. « Nos attentes restent grandes, entre autres, en ce qui a trait à l’assurance emploi, sur la structure du Tribunal de la sécurité sociale, le rétablissement du service postal à domicile et sur la réforme électorale. Dans le dossier des retraites complémentaires, nous pensons qu’Ottawa ne devrait pas choisir les régimes à prestations cibles comme solution aux problèmes de solvabilité (projet de loi C-27). Le Québec a choisi une autre solution et nous invitons Ottawa à s’en inspirer. Nous souhaitons également qu’Ottawa joue un rôle de leader pour garantir la transition juste des emplois qui seront appelés à se transformer au cours de prochaines années en raison des enjeux environnementaux », précise Serge Cadieux.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses.