La FTQ et l’AIMTA dénoncent Air Canada et le gouvernement conservateur

« Pendant que les dirigeants d’Air Canada se remplissent les poches, les travailleurs et les travailleuses sont pris en otage par la direction et le gouvernement fédéral; c’est inacceptable » – Michel Arsenault, FTQ et Gilles Brosseau, AIMTA

Montréal, le 11 mars 2012 – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) et l’Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l’aérospatiale (AIMTA), qui représente quelque 8 600 mécaniciens et travailleurs au sol d’Air Canada, dénoncent l’attitude de la direction d’Air Canada dans cette négociation et le comportement du gouvernement conservateur qui brime le droit à la libre négociation.

« Franchement, ça devient du vaudeville. Pendant que les dirigeants d’Air Canada mettent de l’huile sur le feu et font tout pour faire déraper les négociations, le gouvernement Harper, lui, en profite pour bâillonner encore les travailleurs et travailleuses en intervenant sans raison et en bloquant le processus de négociation. C’est d’autant plus honteux que tous savent qu’au fil des ans, les dirigeants d’Air Canada se sont payé primes, bonis et hauts salaires, tout en sabrant dans les conditions de travail et dans les salaires des employés. Ça devient une véritable farce », a déclaré le président de la FTQ, Michel Arsenault.

La colère des machinistes

Depuis dix ans, l’Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l’aérospatiale (AIMTA) n’a pu négocier franchement avec Air Canada.

« Après avoir fait des concessions majeures pour aider à la survie d’Air Canada, en 2003 d’abord, lorsqu’elle était sous la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies, et en 2009 ensuite, après avoir permis à Air Canada de différer ses contributions au régime de retraite jusqu’en 2014, l’AIMTA s’attend à un minimum de respect et à un retour d’ascenseur pour ses membres.

« Malheureusement, Air Canada n’a rien offert de substantiel : nos membres ont rejeté l’entente de principe et donné un mandat de grève solide à leurs dirigeants syndicaux. Assez, c’est assez! On n’en peut plus d’avoir à faire des concessions sans arrêt. Nos membres, des professionnels du transport aérien, qui entretiennent les avions et les opèrent au sol, veulent une vraie négociation et à défaut, ils sont prêts à faire la grève. Nos membres sont en colère et demandent qu’Air Canada reconnaisse enfin leur professionnalisme et les efforts accomplis depuis des années pour sauver cette compagnie », a déclaré Marcel St-Jean, président de la section locale 1751 (AIMTA).

Les conservateurs… comme la tour de Pise

« Il est inconcevable que la ministre du Travail, Lisa Raitt, au nom du gouvernement conservateur, sorte des lapins du chapeau en tout temps, pour mettre fin au rapport de force nécessaire et logique entre un employeur et une organisation syndicale, et qu’elle utilise le Conseil canadien des relations du travail pour empêcher les travailleurs de faire une grève légale avec un employeur privé.

« Ceci nous laisse à penser qu’elle prépare une loi spéciale, comme ce fut le cas à Postes Canada, et comme elle en avait menacé les Travailleurs canadiens de l’automobile (TCA). C’est carrément antidémocratique et cela va contre un système de relations de travail établi depuis des décennies. En plus d’être en colère, nos membres sont exaspérés contre un gouvernement qui démontre son non-respect envers les travailleurs et travailleuses et leurs droits », a conclu Gilles Brosseau, vice-président de la FTQ et coordonnateur au Québec de l’AIMTA.

Les leaders syndicaux invitent les travailleurs et les travailleuses à participer à une marche de protestation pour dénoncer Air Canada et le gouvernement conservateur, le lundi 12 mars, de 10 heures à 13 heures, à l’aéroport Montréal-Trudeau.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus de 600 000 membres.

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Sources : FTQ, AIMTA

Informations : Jean Laverdière FTQ 514 893-7809