« La FTQ est préoccupée par les dérives dans la pratique de l’accommodement raisonnable » – René Roy, secrétaire général de la FTQ

La FTQ dépose son mémoire devant la Commission Bouchard-Taylor

Montréal, le 10 décembre 2007 – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) est préoccupée par certaines dérives dans la pratique de l’accommodement raisonnable religieux, tel que rapporté par les médias depuis quelques mois. En présentant son mémoire devant la Commission Bouchard-Taylor, la FTQ a défendu une fois de plus la laïcité des institutions québécoises. La FTQ est également agacée par le fait que la Commission ait permis à certains groupes de faire état de leurs préjugés en stigmatisant des groupes de la société québécoise. La FTQ rappelle que l’intégration et la laïcité sont deux sujets différents.

« La religion est une affaire personnelle qui se vit en privé, nous refusons que la religion revienne dans les écoles par la porte d’en arrière. Nous ne pouvons permettre à des minorités fondamentalistes, peu importe leur religion, d’imposer leurs normes où bon leur semble, que ce soit dans les écoles ou dans les lieux de travail », a déclaré le secrétaire général de la FTQ, René Roy.

La dérive des tribunaux

Certains jugements rendus par les tribunaux permettent aux fondamentalistes d’utiliser les protections prévues par les chartes pour imposer leurs normes à la société. Tous les paliers de gouvernement doivent adresser aux gestionnaires des institutions publiques des lignes directrices claires sur l’utilisation de la notion d’accommodement raisonnable. « L’absence de balises claires dans le domaine de la laïcité laisse toute la place à la logique des tribunaux qui nous entraîne vers une société dans laquelle les normes religieuses des individus ont préséance sur les autres normes. Les parlements, les gouvernements et la société civile ont la responsabilité de dénoncer les conséquences du fondamentalisme religieux », a ajouté René Roy.

L’égalité homme – femme : un principe non négociable

Les demandes de ségrégation sexuelle pour des raisons religieuses sont inacceptables et doivent être dénoncées. « Le principe de l’égalité entre les hommes et les femmes demeure un principe non négociable. Nous n’accepterons pas de nouvelles embûches religieuses sur le chemin qui reste à parcourir, en particulier pour que les femmes puissent exercer en toute égalité leurs droits économiques, sociaux et culturels », a conclu le secrétaire général de la FTQ, René Roy.

La FTQ est la plus grande centrale syndicale québécoise avec plus de un demi-million de membres.

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Source : FTQ
Renseignements : Jean Laverdière, 514 893-7809