La FTQ dénonce la façon de faire de la Commission de l'équité salariale, notamment chez Desjardins

Montréal, 22 mars 2000 - La FTQ et son Syndicat des employées et employés professionnels-les et de bureau (SEPB), qui représentent plus de 5 000 membres à l’emploi du Mouvement Desjardins, ont dénoncé publiquement aujourd’hui le manque de transparence et de collaboration avec les syndicats de la Commission de l’équité salariale, notamment dans le dossier de Desjardins, le plus important employeur privé au Québec.

La loi québécoise sur l’équité salariale est en vigueur depuis le 21 novembre 1997. La FTQ rappelle l’importance de son application correcte afin que soit enfin reconnue la juste valeur du travail des femmes.

En vase clos
« Depuis le début du processus, la lenteur dont fait preuve la Commission, ainsi que sa façon de faire en vase clos, provoquent chez nous de vives inquiétudes, tout en jetant le discrédit sur l’ensemble de ses travaux et pas uniquement dans le cas de Desjardins, dit M. Henri Massé, président de la FTQ. Les rapports soumis par les employeurs concernant leurs programmes d’équité salariale ont été déposés en novembre 1998, en vertu de la loi. Seize mois plus tard, la Commission n’a pas encore donné d’informations aux syndicats à ce sujet et ne veut pas leur en donner. La Commission travaille sans transparence et sans respect envers les syndicats qui veulent être mieux informés. Les échanges que nous avons eus avec la Commission, et notamment avec sa présidente madame Jocelyne Olivier, n’ont pas permis de trouver une solution satisfaisante. »

« La Commission a avisé le SEPB qu’il n’était pas considéré comme partie intéressée dans le dossier de Desjardins et qu’en conséquence, elle ne traitait qu’avec l’employeur, en toute confidentialité, renchérit M. Michel Lajeunesse, vice-président de la FTQ et secrétaire général du SEPB. La Commission a avisé le syndicat que les rapports d’analyse doivent être complétés d’ici le 31 mars et qu’ils seront soumis uniquement aux employeurs. Ceux-ci auront trente jours pour les commenter. Ensuite, les rapports seront transmis à la Commission pour décision, le tout sans audition. »

Pour la FTQ et le SEPB, en vertu du sens commun et des règles de justice naturelle, les syndicats devraient avoir le droit d’être entendus et d’en appeler des décisions de la Commission. Or, seuls les employeurs pourront en appeler devant le Tribunal du travail.

Appel à la ministre Lemieux

La FTQ et le SEPB demandent à la ministre responsable de la loi, Mme Diane Lemieux, de mieux encadrer la Commission afin qu’elle mette la priorité, comme le veut la loi, sur la concertation dans la réalisation des programmes d’équité salariale, ainsi que sur la participation des personnes visées par ces programmes. La FTQ et le SEPB demandent aussi à la ministre de donner plus de moyens à la Commission pour qu’elle aide toutes les parties à réaliser l’équité salariale.

La FTQ a produit plusieurs outils pour soutenir ses syndicats dans leurs démarches à ce sujet, notamment un guide intitulé « L’équité salariale : maintenant à nous de jouer », produit par son Service de la condition féminine.

La FTQ est la centrale qui représente le plus grande nombre de travailleuses syndiquées, au-delà de 160 000, soit plus du tiers de ses membres.

Source

  • FTQ
  • http://www.ftq.qc.ca

Renseignements

  • Louis Fournier, FTQ
  • lfournier@ftq.qc.ca