La FTQ appuie dans ses grandes lignes le rapport Romanow

Montréal, le 28 novembre 2002 – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) appuie dans ses grandes lignes le rapport du commissaire Roy Romanow déposé ce matin à la Chambre des communes. La centrale applaudit notamment la volonté de réinvestir des fonds dans le système de santé public et le maintien des principes de la Loi canadienne sur la santé, notamment la gratuité et l’accessibilité.

Injecter les sommes nécessaires sans attendre

« La commission Clair au Québec avait clairement identifié les besoins criants et les lacunes de notre système de santé. Le ministre François Legault a également mis cartes sur table quant au manque à gagner en santé. La commission Romanow vient confirmer ces diagnostics. Mais il faut sans plus tarder injecter les sommes nécessaires sans attendre d’autres études ou d’interminables palabres », estime M. Henri Massé, président de la FTQ.

« Il y a des hommes et des femmes qui attendent dans les corridors des urgences, il y a des enfants en attente de traitement pour le cancer, il y a des personnes âgées qui sont condamnées à l’immobilité dans l’attente d’une chirurgie de la hanche. On doit montrer dès maintenant à ces personnes qu’il y a une lumière au bout du tunnel », a ajouté le président de la FTQ.

Unanimité québécoise contre l’intrusion du fédéral
dans les compétences provinciales

Quant aux dangers d’ingérence du fédéral dans les champs de juridiction provinciaux, notamment par la création de fonds dédiés aux approches de soins de santé primaires, d’accès des collectivités rurales et éloignées et des services diagnostiques, la FTQ les prend très au sérieux. Le président Massé juge toutefois que la rencontre des premiers ministres, en début d’année, devra se pencher sur cette question. « N’oublions pas que tous les partis au Québec sont unanimes à rejeter l’intrusion du fédéral dans les champs de compétence du Québec », a fait valoir M. Massé.

Le privé n’a pas sa place

Sur la question du privé, la FTQ partage tout à fait la position du commissaire Romanow mais ne voudrait pas qu’en excluant les services auxiliaires (buanderie, alimentation, etc.) du processus global de soins, on ouvre indirectement la porte au privé.

« Mis à part les professions de foi des idéologues du privé, personne n’a jamais fait la démonstration de l’utilité du privé pour désengorger les urgences ou les listes d’attente. Au contraire, les expériences britannique ou américaine, par exemple, ont démontré les coûts exorbitants et l’efficacité moindre du privé, sans compter un taux de mortalité supérieur à celui des systèmes publics », a soumis Henri Massé.

Des principes à encadrer dans la législation québécoise

La FTQ prend acte du maintien par le rapport Romanow des principes de la Loi canadienne de la santé, notamment l’accessibilité et la gratuité, et signifie son accord avec l’ajout du principe d’imputabilité. « Mais le Québec doit demeurer le maître d’œuvre en matière de santé. C’est pourquoi nous continuons toutefois de réclamer que ces principes soient intégrés dans la législation québécoise pour clarifier la situation une fois pour toute », a conclu le président de la FTQ.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres.

Source

  • FTQ
  • http://ftq.qc.ca

Renseignements

  • Louis Cauchy
  • lcauchy@ftq.qc.ca