La Coalition québécoise pour les femmes dans la construction interpelle le gouvernement pour mettre en place des mesures contraignantes pour l’accès et le maintien des travailleuses sur les chantiers de construction du Québec

Montréal, le 13 décembre 2012. − La Coalition québécoise pour les femmes dans la construction a été mise sur pied afin de regrouper les forces vives concernées par les enjeux entourant les travailleuses de la construction. L’objectif premier de la Coalition est de formuler des orientations et des stratégies communes, des avis et des revendications qui visent à améliorer les conditions d’accès, d’intégration et de maintien en emploi des travailleuses de l’industrie de la construction qui actuellement vivent de la discrimination à l’embauche et si elles sont embauchées, subissent trop souvent du harcèlement. La principale motivation derrière la constitution de la Coalition est de s’assurer que la relance du Programme d’accès à l’égalité des femmes dans l’industrie de la construction (PAÉF) réponde mieux aux besoins des femmes.

Les membres de la Coalition veulent des changements effectifs et durables pour les femmes qui désirent poursuivre une carrière dans l’industrie de la construction, pour ce faire, nous offrons notre collaboration à la CCQ afin d’assurer la progression des dossiers sur lesquels nous nous pencherons. La concertation des membres de cette Coalition favorisera l’application d’une vision stratégique pour l’accès et le maintien des femmes dans l’industrie de la construction au Québec.

La Coalition québécoise pour les femmes dans la construction croit que l’atteinte de résultats quant à l’augmentation du nombre de femmes dans le secteur de la construction passe par l’obligation contractuelle d’embaucher des cohortes de travailleuses accompagnée de mesures de soutien afin qu’elles se maintiennent en emploi. Le Québec montre le pire taux de présence des femmes dans les métiers et occupations de la construction de toutes les provinces canadiennes − 1,3% de présence féminine par rapport à une moyenne canadienne de 3,0%. L’obligation contractuelle à l’embauche permettrait à l’industrie québécoise de la construction d’élever le taux de présence des femmes au moins au-delà de la moyenne canadienne.

Des mesures contraignantes : un incontournable
La Coalition québécoise pour les femmes dans la construction croit que le projet de règlement sur le Service de référence de main-d’œuvre de l’industrie de la construction ne permettra pas aux femmes d’être embauchées en plus grand nombre dans ce secteur. En effet, ce projet prévoit que la Commission de la construction du Québec transmette aux employeurs une liste de salariés incluant les noms de toutes les femmes disponibles et répondant aux critères ainsi que les noms des travailleurs selon des ratios prévus au projet de règlement. Par ailleurs, rien dans le projet de règlement ne prévoit une obligation pour les employeurs d’embaucher des femmes.

Depuis 1997, une des mesures du PAÉF prévoyait déjà la priorisation de la référence des femmes disponibles, et ce, sans atteindre les résultats espérés. Alors, si le passé est garant de l’avenir, nous demeurons convaincues que sans mesure contraignante pour l’embauche de femmes, les employeurs poursuivront les pratiques actuelles : ne pas embaucher les travailleuses référées pour engager seulement des hommes.

Le projet de règlement prévoit un rapport annuel présentant les résultats et une analyse du fonctionnement du Service de référence. Selon nous, ce suivi est essentiel et sera utile pour analyser la progression des femmes dans la mesure où elle sera accompagnée d’une analyse différenciée selon les sexes (ADS).

La création d’un comité de vigilance sur la référence de main-d’oeuvre dans l’industrie de la construction sera certainement utile pour examiner l’ensemble du système de référence lors de sa première année de mise en œuvre et d’en évaluer l’impact sur la discrimination dans l’embauche et les pratiques d’intimidation sur les chantiers.

Source : La Coalition québécoise pour les femmes dans la construction
Accès Travail Femmes (ATF); Centre Émersion; Centre d’intégration au marché de l’emploi (CIME); Centre d’orientation et de formations pour femmes en recherche d’emploi (COFFRE); Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail (CIAFT); Confédération des syndicats nationaux (CSN); Fédération de la CSN-Construction; Dimension-Travail; Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ); Femmes autochtones du Québec; Femmes regroupées en options non traditionnelles (FRONT); Options Ressources Travail (ORT); Regroupement montérégien d’organismes non traditionnels (RMONT); Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP); Syndicat québécois de la construction (SQC); Travailleuses de la construction – membres individuelles.

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Pour information :
Hélène Vachon, info@front.qc.ca, 514 867-3109
ou
Danielle Laferté, dlaferte@ciaft.qc.ca, 514-954-0220 poste 1703