« Il y a des limites à laisser la ministre Jérôme-Forget travestir la réalité » – Henri Massé, président de la FTQ

Il n’y a jamais eu de vrais pourparlers dans le secteur public

Montréal, jeudi 21 juin 2007 – Au moment même où on apprend que la Cour supérieure entendra à l’automne la contestation judiciaire logée par les organisations syndicales contre les décrets imposés dans le secteur public, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) entend remettre les pendules à l’heure suite aux récentes déclarations de la ministre Monique Jérôme-Forget sur la bonne foi du gouvernement dans les dernières négociations du secteur public.

« Affirmer qu’il y a eu 56 rencontres de négociations à la table centrale, c’est travestir la réalité. S’il est vrai que les rencontres se sont multipliées pour discuter des libérations syndicales et de sujets techniques, il n’y a pas eu, à proprement parler, de vraies négociations, que ce soit sur les salaires, le régime de retraite ou les assurances collectives. Entre décembre 2003 et décembre 2005, il y a eu à peine une dizaine de rencontres à la table centrale, totalisant un gros maximum d’une quinzaine d’heures d’échanges. En septembre 2005, nous avons même fait une contre-proposition salariale et la réponse est venue trois mois plus tard, avec l’imposition d’un décret », a indiqué le président de la FTQ, Henri Massé.

« On s’est retrouvé avec un gel salarial de 2 ans et aujourd’hui, les écarts de salaire avec le secteur privé se sont accrus. Le gouvernement se plaint d’une pénurie de main-d’œuvre. Si le retard salarial continue de s’accroître, il ne pourra que s’en mordre les doigts.

« Il faut du front tout le tour de la tête pour se vanter de la signature de 35 conventions collectives, comme l’a fait la ministre. La population n’est pas dupe, elle sait fort bien que c’est avec le fusil sur la tempe que la plupart de celles-ci ont été signées, sous la menace d’un décret qui annonçait le pire.

« Si elle veut faire œuvre utile, la ministre serait mieux avisée de s’asseoir avec les syndicats dès l’automne et de revoir en profondeur et de bonne foi le régime de négociation dans le secteur public », a conclu le président de la FTQ.

La FTQ est la plus grande centrale syndicale québécoise avec plus de un demi-million de membres.

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Source : FTQ
Renseignements : Jean Laverdière, 514 893-7809