« Il ne faut pas fermer la porte à l’hypothèse d’une union monétaire canado-américaine » – Michel Arsenault, président de la FTQ

Impacts de la fluctuation de notre devise sur le tissu industriel du Québec

Montréal, mardi 1er décembre 2009 – « Il ne faut pas fermer la porte à l’hypothèse d’une union monétaire canado-américaine qui permettrait une certaine stabilité dans la spirale importations-exportations qui s’agite à chaque soubresaut à la baisse ou à la hausse du billet vert et du huard avec des conséquences importantes sur la santé de notre secteur industriel », a suggéré le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Michel Arsenault, dans son allocution d’ouverture d’un colloque de l’Institut de recherche en économie contemporaine, ce matin à Montréal.

La saignée des emplois s’est amorcée en 2003

Le président de la FTQ a souligné l’importance d’amorcer le débat sur les impacts du taux de change et du système monétaire sur le tissu industriel et les emplois au Québec. « Quant à nous, la récession et la saignée des emplois dans le secteur manufacturier a commencé dès 2003 avec la hausse fulgurante de notre devise par rapport au dollar américain. Quelque 120 000 emplois bien rémunérés sont passés à la moulinette au Québec dans cette période », a rappelé Michel Arsenault.

Un dollar dopé par le pétrole

« Je ne suis pas un spécialiste des questions économiques, mais je sais qu’un problème qui se pose avec acuité et que nous dénonçons depuis au moins six ans, c’est l’ajustement artificiel de notre devise sur le prix du pétrole et donc sur l’économie dopée de l’Ouest canadien, au risque d’asphyxier littéralement le secteur industriel de l’Est, avec la complicité bienveillante, sinon l’indifférence calculée de la Banque du Canada », a fait valoir M. Arsenault.

Protéger nos entreprises et nos emplois

La FTQ plaide depuis des années en faveur de mesures pour contrer la désindustria-lisation et desserrer le frein à nos exportations manufacturières qui jouent un rôle névralgique dans nos échanges avec le reste de la planète. « Nous ne pouvons plus nous payer le luxe de laisser au libre marché notre infrastructure industrielle et manufacturière. Si le gouvernement canadien et sa banque centrale persistent dans leur attitude apparemment fataliste en ce qui concerne les fluctuations de notre monnaie, nous devrons résolument examiner les mérites d’une union monétaire avec les États-Unis pour protéger nos entreprises et nos emplois », a conclu le président de la FTQ.

La FTQ est la plus grande organisation syndicale québécoise avec plus de un demi-million de membres.

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Source : FTQ
Renseignements : Jean Laverdière, 514 893-7809