« Il faut stopper la croisade idéologique du gouvernement Couillard et réaffirmer nos valeurs. » — Serge Cadieux, secrétaire général de la FTQ

Le secrétaire général de la FTQ en tournée à Rouyn-Noranda

Rouyn-Noranda, le 27 janvier 2015. – En visite à Rouyn-Noranda à l’occasion d’une tournée du Québec des dirigeants de la FTQ, le secrétaire général de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, Serge Cadieux, invite les membres de la centrale à saisir toutes les occasions pour réaffirmer les valeurs qui ont contribué à construire un Québec aux couleurs de la démocratie, de l’égalité et de la justice, un Québec soucieux des besoins de sa collectivité. « Ce Québec, soutient le secrétaire général, le gouvernement libéral s’apprête à le démanteler. »« Tout ce qu’on a pu voir depuis le retour des libéraux au pouvoir, c’est la volonté de rétrécir l’État québécois. Alors, nous faisons la tournée des régions pour savoir ce que les gens en pensent et pour partager notre analyse de ce qui s’en vient. Ce gouvernement obnubilé par l’équilibre budgétaire ne dit pas à la population que le grand chambardement des services publics auquel il se livre pourrait avoir des conséquences catastrophiques, dont une possible récession économique », explique Serge Cadieux.« Nous sommes ici pour dire à la population de ne pas se laisser berner : les attaques contre les régimes de retraite municipaux, la restructuration du réseau de la santé, l’augmentation des tarifs de garderie, la fermeture des centres locaux de développement, les coupes budgétaires dans les collèges et les universités, la réforme des commissions scolaires, tout cela aura des conséquences profondes et imprévisibles sur le Québec que nous connaissons. Une autre conséquence majeure des politiques du gouvernement Couillard, c’est l’augmentation du coût de la vie des familles québécoises », ajoute le secrétaire général de la FTQ.

Pourtant, il y a des solutions à l’impasse budgétaire. « À notre avis, il faut reporter d’au moins un an l’atteinte de l’équilibre budgétaire comme l’ont fait l’Ontario et le gouvernement fédéral », explique M. Cadieux. « Mais aussi, il faut arrêter de faire porter à la classe moyenne l’ensemble du fardeau. Comment se fait-il que le tiers des grandes entreprises au Québec (plus de 1800 d’entre elles) ne paient aucun sou d’impôt ? Québec devrait, comme l’Ontario, instaurer un impôt minimum pour les entreprises », fait remarquer Serge Cadieux. « Le temps est aussi venu de revenir sur l’exonération des gains en capital, pourquoi ne pas les imposer à 100 % comme les revenus de travail? », se demande M. Cadieux.Pour le secrétaire général de la FTQ, l’Abitibi-Témiscamingue Nord-du-Québec, comme les autres régions du Québec, ne sort pas gagnante du virage libéral. « Dans le dossier important de l’industrie forestière nous avons beaucoup de difficulté à nous faire entendre à Québec. Ce gouvernement s’est montré rapide sur les coupes budgétaire, mais très lent à autoriser les coupes forestières dont ont besoin l’économie des régions et les forêts en mauvais état! » s’exclame le secrétaire général de la FTQ. « Et c’est sans compter que le décompte des emplois créés est négatif depuis leur arrivée au pouvoir. À ce sujet, on ne voit pas quel gain fera une région comme celle-ci de la disparition des CLD. Même d’anciens ministres libéraux se sont publiquement exprimés contre, » ajoute M. Cadieux. « Puis le démantèlement de la politique familiale va frapper de plein fouet le développement du réseau des garderies qui, dans cette région, est essentiellement public, » analyse Serge Cadieux.La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses, dont 10 000 dans la région de l’Abitibi-Témiscamingue Nord-du-Québec.