Hausse des coûts du pétrole et du gaz : « N'attendons pas le point de non-retour inflationniste » — Henri Massé, président de la FTQ

Montréal, mardi 13 septembre 2005 — « Les gouvernements doivent agir très rapidement et adopter des mesures pour réduire les impacts des coûts du pétrole et du gaz ou carrément pour réduire les prix de ces produits dans un contexte où les profits des pétrolières sont nettement indécents.

« L’urgence d’une prise de décision est immédiate pour nos membres qui travaillent dans les industries du transport, du camionnage, du taxi ou encore des facteurs ruraux, et elle se fera sentir très bientôt dans l’industrie manufacturière et chez les consommateurs en général.

« N’attendons pas le point de non-retour qui a fait naître des pressions inflationnistes intolérables suite aux précédents chocs pétroliers », a déclaré le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), M. Henri Massé, ce matin.

Profits record des grandes pétrolières
« Le gouvernement ne doit pas hésiter à imposer dès maintenant une taxe temporaire sur les profits excédentaires de l’industrie du pétrole. Seulement depuis le début de l’année 2005, les profits des grandes pétrolières ont augmenté en moyenne de 30 %, un triste record sur le dos des travailleurs et des consommateurs. Ces gens-là comprennent le langage de l’argent et c’est par là qu’il faut tirer sur la bride », a ajouté pour sa part le secrétaire général de la FTQ, M. René Roy.

Rappelons que selon Statistique Canada, « La flambée des prix du pétrole a propulsé les bénéfices d’exploitation des producteurs de pétrole et de charbon à 9,4 milliards de dollars en 2004, en hausse de 44,3 % par rapport au sommet précédent de 6,5 milliards de dollars réalisé en 2003 et plus de deux fois les niveaux de 2002. »

Collusion manifeste
« Quand trois pétrolières différentes, soi-disant concurrentes, installées à quelques mètres ou quelques kilomètres de distance haussent toutes leurs prix en même temps ou à quelques minutes près, surtout à la veille des Fêtes ou des longues fins de semaine, il ne faut pas un doctorat pour en tirer des conclusions.

« Les gouvernements ont déjà agi pour faire cesser des pratiques monopolistiques et ils doivent le faire dans le cas des pétrolières en créant un environnement réglementaire qui proscrit et sanctionne sévèrement ces pratiques. Il faut recréer une réelle concurrence », a fait valoir Michel Arsenault, directeur québécois du syndicat des Métallos.

Des ajustements possibles
« Il faut interpeller les donneurs d’ouvrage, que ce soit les gouvernements ou les entreprises privées, afin que certaines formes d’indexation ou d’ajustement des contrats de transport à la conjoncture volatile des prix du combustible soient prévues.

« Nous avons des membres camionneurs qui ont réussi à faire des percées en ce sens dans les derniers mois et, à moyen et long terme, ces mesures d’ajustement sont à l’avantage de tous, entrepreneurs et camionneurs », a ajouté M. Arsenault.

Plus récemment, il y a quelques jours, d’autres travailleurs et travailleuses ont réussi à faire bouger les choses. « Même si ça demeure insuffisant devant la folie des hausses de l’essence des dernières semaines, nos membres œuvrant au niveau du courrier rural ont réussi à faire hausser l’allocation au kilomètre parcouru », a indiqué pour sa part Mme Monique Allard, directrice régionale du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes.

Contrer le discours fataliste
« Nous refusons la rhétorique des gouvernements qui nous répètent à qui mieux mieux qu’il s’agit d’un problème nord-américain et qu’ils ne peuvent rien y faire, que c’est le marché qui réagit aux événements. Ce n’est pas vrai, les gouvernements ont toujours des pouvoirs fiscaux de taxation et de redistribution pour diminuer l’appétit des pétrolières », a ajouté René Roy.

« La hausse vertigineuse des prix du pétrole a des effets directs et indirects sur tous les secteurs d’activité de notre société. Les gouvernements ne peuvent se cantonner dans un discours d’impuissance comme ils l’ont fait, cette hausse n’est surtout pas une fatalité. On peut et on doit prendre toutes les mesures pour la contenir et en atténuer les impacts », a conclu le président de la FTQ.

Source

  • FTQ
  • http://ftq.qc.ca

Renseignements

  • Louis Cauchy
  • lcauchay@ftq.qc.ca