Financement des universités : « Nous disons un non ferme au dégel des droits de scolarité » – René Roy, secrétaire général de la FTQ

Québec, le 11 mars 2004 – D’entrée de jeu le secrétaire général de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) a campé les positions de la centrale syndicale devant la Commission sur la qualité, l’accessibilité et le financement des universités en s’opposant fermement au dégel des droits de scolarité et en exigeant une réglementation conséquente des frais afférents.

Accessibilité et égalité des chances

« Ceux qui voudraient voir déplacer les coûts de l’enseignement supérieur vers les étudiants et leurs familles nient, à coup d’études, que cela aurait un effet négatif sur l’accessibilité.

« Pourtant, le simple bon sens suffit à nous convaincre que la capacité de payer pour un bien ou un service est en relation directe avec le niveau de revenu : plus il est bas, moins on en a, et inversement. Nous vous avons déjà dit que pour nous, à la FTQ, le principe de l’égalité des chances est inaltérable. La déréglementation des droits de scolarité et l’éventualité de leur dégel au Québec sont à mille lieues de cette égalité des chances », a expliqué le dirigeant syndical.

Ne pas troquer la langue d’enseignement pour du financement

Traditionnellement vouée à la défense du français comme langue de travail, la FTQ n’a pas manqué de mettre en garde les autorités publiques quant au recours de plus en plus promu de l’anglais comme langue d’enseignement. « Plusieurs sont tentés, dans une logique de marché, de promouvoir l’anglais comme langue d’enseignement et de communications.

« La menace qui pèse aujourd’hui sur l’université québécoise est également présente dans l’ensemble des pays de la francophonie. Nous croyons que le gouvernement du Québec peut être un fer de lance de la défense du français dans l’ensemble des universités francophones, comme langue d’enseignement et de communications », a indiqué René Roy qui siège également à l’Office de la langue française.

Un équilibre entre recherche fondamentale et applications commerciales

Ce dernier a aussi sonné l’alarme par rapport à cette logique commerciale qui pénètre le domaine de la recherche. « Il faut éviter de privilégier le financement d’activités de recherche dont les résultats s’inscrivent dans une logique purement commerciale au détriment de la recherche fondamentale. Un certain équilibre peut être trouvé à cet égard.

« Les modalités de financement de la recherche devront aussi éviter de pousser encore plus la concurrence entre les établissements. De la même façon, il est de la responsabilité du gouvernement du Québec de faire en sorte que la mission universitaire s’étende efficacement jusqu’au cœur du développement régional en fournissant les ressources et le financement requis », a prévenu M. Roy.

Le financement

Le secrétaire général de la FTQ estime que le gouvernement doit associer les entreprises au financement universitaire par le biais de la fiscalité plutôt que par celui des contributions directes. « Les entreprises reconnaissent elles-mêmes qu’elles ont à assumer une part certaine de responsabilité sociale : cela doit se traduire sur le terrain fiscal ».

« Dans l’état actuel des finances publiques et face au manque dramatique de ressources dans les services sociaux dont l’éducation, la FTQ presse le gouvernement de renoncer aux baisses d’impôt annoncées, tout en lui apportant son appui pour faire de la lutte au déséquilibre fiscal une véritable priorité d’action », a-t-il ajouté en guise de conclusion.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres.

Source

  • FTQ
  • http://ftq.qc.ca

Renseignements

  • Louis Cauchy
  • lcauchy@ftq.qc.ca