« Fermeture du Wal-Mart de Jonquière : C'est le comble de l'intimidation et du mépris » – Henri Massé, président de la FTQ

Jonquière, vendredi 11 février 2005 — « Wal-Mart va devoir s’adapter au modèle québécois de relations de travail et cesser d’agir en cow-boy, au risque de s’aliéner un marché très lucratif.

« En annonçant la fermeture de son magasin de Jonquière, cette multinationale du commerce de détail commet une erreur majeure au plan corporatif tout en persistant dans une campagne antisyndicale de mépris et d’intimidation qui ne fera qu’alimenter sa réputation de piètre citoyen corporatif », a déclaré le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), M. Henri Massé.

Un prétexte cousu de fil blanc

« Les allégations de précarité économique et de non-rentabilité de l’établissement de Jonquière, dans un marché immédiat de 58 000 consommateurs, alors même que l’entreprise ouvre un magasin à Labrador, dans un marché de 15 000 consommateurs, sont cousues de fil blanc et personne n’en est dupe.

« À sa face même, le communiqué de Wal-Mart Canada annonçant la fermeture de Jonquière établit un lien de causalité très clair entre le processus de syndicalisation, la négociation et la fermeture. Ce n’est certainement pas l’état de la négociation qui aggrave la situation puisque les conditions de travail n’ont pas changé », avance pour sa part Louis Bolduc, directeur québécois des Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce (TUAC).

Un message clair du gouvernement à Wal-Mart

« Nous demandons par ailleurs que le ministre du Travail, Michel Després, donne suite à son acceptation de l’arbitrage de première convention collective en nommant de toute urgence un arbitre qui puisse traiter ce dossier avec toute la célérité qui s’impose. Il s’agirait là d’un message clair du gouvernement à Wal-Mart qu’il existe un régime de relations de travail et des lois que toute entreprise doit respecter chez nous », a repris le président de la FTQ.

Un effet boomerang

« Pour nous, cette annonce de fermeture s’inscrit parfaitement dans la campagne de harcèlement et d’intimidation qui a cours depuis des mois dans tous les magasins Wal-Mart où les travailleuses et les travailleurs ont décidé de se donner un syndicat pour négocier des conditions de travail décentes.

« Et si Wal-Mart pensait, par son geste irresponsable, avoir un effet dissuasif sur les autres campagnes en cours, elle risque au contraire de se retrouver avec un effet boomerang. Plusieurs travailleuses et travailleurs approchés depuis mercredi nous ont fait part, en effet, de leur écoeurement devant de telles tactiques tout en réaffirmant leur détermination à aller de l’avant avec le mouvement de syndicalisation », a indiqué Marie-Josée Lemieux, présidente des TUAC (section locale 503) et responsable du dossier de la syndicalisation à Jonquière.

On ne tire pas sur l’ambulance

« Cette annonce est en soi inacceptable, mais elle l’est encore plus dans une région sinistrée au chapitre de l’emploi après la fermeture des cuves d’Alcan et l’annonce en début d’année de la fermeture définitive de la Consol. Comme on dit familièrement, on ne tire pas sur l’ambulance pour enlever leur emploi à 190 travailleuses et travailleurs, surtout lorsqu’on s’appelle Wal-Mart, avec un chiffre d’affaires de plus de 250 milliards de dollars et un bénéfice net de 9 milliards », a conclu Yvon Bellemare, président de la section locale 501 des TUAC.

La direction de la FTQ, des TUAC et les représentants régionaux des deux organisations se réuniront dans les prochaines heures pour déterminer la marche à suivre et les actions à poser, tant sur le plan juridique que de la mobilisation pour faire en sorte que Wal-Mart reconsidère sa décision dans le dossier de Jonquière.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres.

Source

  • FTQ
  • http://ftq.qc.ca

Renseignements

  • Louis Cauchy
  • lcauchy@ftq.qc.ca