Élections fédérales : La FTQ intervient dans la campagne avec ses syndicats de la construction - Une urgence : l'assurance-emploi

Montréal, 13 novembre 2000 - « Le premier ministre Chrétien s’est excusé récemment pour le désastre qu’il a causé dans le régime d’assurance-emploi, mais ce n’est pas tout de s’excuser, il doit aussi agir et corriger ses erreurs », a déclaré ce matin M. Henri Massé, président de la FTQ, lors d’une conférence de presse en compagnie des dirigeants syndicaux de la construction.

« En raison des excédents faramineux de plus de 30 milliards de dollars accumulés dans la caisse de l’assurance-emploi, des mesures d’urgence peuvent être adoptées pour venir en aide aux sans-emploi, dont plus de 60 % n’ont pas accès aux prestations pour lesquelles ils versent pourtant des cotisations. Quant à ceux qui y ont accès, ils sont très mal protégés. Il est temps qu’Ottawa partage la cagnotte avec les sans-emploi. »

Le cas de la construction
Le « désastre » de l’assurance-emploi dans le secteur du bâtiment a été vivement dénoncé à cette occasion par le Conseil conjoint de la construction représenté par ses dirigeants : M. Jean Lavallée, président du Conseil conjoint et vice-président de la FTQ; MM. Jocelyn Dupuis et Pierre Labelle, codirecteurs généraux, et M. Richard Goyette, directeur général adjoint. Le Conseil représente près des trois quarts des travailleurs du bâtiment au Québec.

Le Conseil a envoyé à tous les candidats au scrutin fédéral du 27 novembre une lettre qui contient ses revendications et exige des engagements précis de leur part s’ils veulent l’appui des syndiqués. Des dizaines de milliers de tracts seront aussi distribués sur les chantiers.

Le Conseil rappelle que c’est le système économique actuel qui oblige les syndiqués de la construction à chômer, et donc à recourir à l’assurance-emploi, et que l’on doit reconnaître la spécificité de cette industrie.

Un cahier de revendications
Dans son cahier de revendications, le Conseil conjoint de la construction réclame notamment les mesures suivantes :

> Rétablir des périodes de prestations raisonnables en maintenant un niveau minimal de 26 semaines de prestations jusqu’à un maximum de 50 semaines;

> Revenir au calcul des prestations en tenant compte des 20 dernières semaines précédant le dépôt de la demande en faisant abstraction des « petites semaines »;

> Indexer le maximum annuel assurable;

> Fixer le taux des prestations à 60 % du salaire;

> Remettre en place une caisse d’assurance-emploi spécifique permettant au régime d’avoir une comptabilité distincte de celle du gouvernement fédéral.

À qui appartient la caisse?
Le président de la FTQ, M. Henri Massé, conclut : « Le gouvernement Chrétien a failli dans son mandat d’administrer la caisse de l’assurance-emploi. Il a utilisé celle-ci à d’autres fins que celles pour lesquelles elle a été mise sur pied. Il a ainsi démontré son inaptitude, voire son incurie à gérer un bien qui ne lui appartient pas, d’autant plus qu’il ne verse aucun sou dans la caisse depuis plusieurs années. C’est pourquoi nous exigeons qu’Ottawa remette aux employeurs et aux syndicats l’administration conjointe de cette caisse qui leur appartient. »

Le Conseil conjoint de la construction, né de la fusion de la FTQ-Construction et du Conseil provincial du Québec des métiers de la construction, représente quelque 75 000 travailleurs du bâtiment au Québec.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente près d’un demi-million de membres.

Source

  • FTQ
  • http://www.ftq.qc.ca

Renseignements

  • Louis Fournier, FTQ
  • lfournier@ftq.qc.ca