Économie et emploi en 2005 : La FTQ réclame d'Ottawa et de Québec des politiques énergiques d'intervention dans plusieurs secteurs – Le Fonds de solidarité FTQ va aussi faire sa part

Montréal, le 7 janvier 2005 – « Le drame économique, social et humain vécu par les gens de Huntingdon avant Noël est venu nous rappeler, de façon brutale, la nécessité de nous doter d’une vision à moyen et à long terme du développement économique, du développement régional et de l’emploi. On peut s’étendre longtemps sur les causes de ce drame : dollar élevé, levée des quotas chinois, protectionnisme américain, économie locale mono-industrielle, mais il faut agir maintenant pour éviter la répétition de tels drames dans deux mois, dans un an », a déclaré aujourd’hui le président de la FTQ, M. Henri Massé, à l’occasion d’une conférence de presse donnée avec le secrétaire général de la centrale, M. René Roy.

Des politiques économiques structurées

« Les gouvernements de Québec et d’Ottawa agissent à la pièce, pour tenter d’éteindre des feux, comme on l’a vu à Huntingdon. Ce que nous leur demandons pour 2005, ce sont des engagements clairs et fermes en faveur de politiques économiques structurées qui développent et soutiennent des secteurs à forte valeur ajoutée comme l’aérospatiale, l’aluminium et d’autres, et qui viennent en aide aux entreprises frappées par des restructurations majeures comme le textile, le vêtement, le meuble et le plastique. De notre côté, nous allons faire toute notre part avec le Fonds de solidarité de la FTQ et avec la collaboration de nos syndicats affiliés », ajoute M. Massé.

« Nous avons besoin de politiques économiques qui améliorent la productivité en soutenant les investissements en recherche et développement, en innovation, en formation de la main-d’œuvre, appuyant ainsi les efforts de modernisation des entreprises qui font preuve de dynamisme. Et ce n’est pas en proposant « moins d’État », en supprimant les programmes d’aide aux entreprises ou en rétrécissant les mandats de nos principaux outils économiques collectifs que nous allons y arriver. À l’heure où le taux de chômage atteignait 11,7 % en novembre dans la région de Montréal, qui est le poumon économique du Québec, ce n’est sûrement pas le temps pour l’État de se retirer de la partie », dit pour sa part M. René Roy, qui demande que des efforts particuliers soient déployés pour aider Montréal et sa région.

Qu’est-ce qu’on fait?

« Nous ne demandons pas aux gouvernements d’ouvrir toute grande la fenêtre et de jeter à tout vent l’argent des contribuables. Nous leur demandons d’appliquer des politiques, dans le secteur manufacturier par exemple, qui comportent un panier de mesures et de décisions ciblées », dit M. Massé.

Ainsi, dans le secteur du textile et du vêtement, le gouvernement fédéral a parfaitement le droit de maintenir certains quotas et tarifs en vue de favoriser la transition. Il doit mettre en oeuvre un programme d’aide massif en mettant notamment sur pied un programme de soutien du revenu pour les travailleurs âgés, selon les propositions soumises à ce sujet par l’ensemble du mouvement syndical.

Dans l’aérospatiale, Québec et Ottawa doivent annoncer rapidement les mesures d’aide qui permettront entre autres à Bombardier Aéronautique de faire l’assemblage au Québec de son nouvel appareil de la Série C. Des milliers d’emplois en dépendent.

Dans les régions-ressources

« Dans les régions-ressources, on doit encore et encore enfoncer le clou sur les deuxième et troisième transformations de l’aluminium, du bois, des matières premières en forte demande sur les marchés mondiaux. C’est particulièrement vrai pour l’aluminium dans les régions du Saguenay – Lac-Saint-Jean, de la Côte-Nord et de la Mauricie. Nous devons exporter des produits à haute valeur ajoutée en parallèle avec nos efforts politiques et juridiques pour contrer le vent de protectionnisme de nos voisins du Sud », fait valoir René Roy.

Négociations dans le secteur public

La FTQ souhaite par ailleurs vivement que les négociations puissent enfin débloquer en 2005 pour les quelque 400 000 employés des secteurs public et parapublic québécois qui sont sans contrat de travail. Les données officielles sur la rémunération globale indiquent que les salariés du secteur public tirent sérieusement de l’arrière par rapport au secteur privé. De plus, la précarité de l’emploi n’aide pas à combler certaines pénuries de main-d’œuvre et à offrir ainsi de meilleurs services à la population.

Enfin, la FTQ estime qu’il faut régler le plus vite possible le dossier des cols bleus de Montréal afin de corriger les injustices d’une sentence arbitrale inapplicable. « Il est dans l’intérêt général de trouver un terrain d’entente pour bâtir des relations de travail constructives à Montréal », conclut M. Massé.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres.

Source

  • FTQ
  • http://ftq.qc.ca

Renseignements

  • Louis Fournier
  • lfournier@ftq.qc.ca