Des mouvements sociaux manifesteront à l'extérieur du débat des chefs

Montréal, le 24 septembre 2015. – « Il faut plus qu’un changement de gouvernement au Canada. Il faut aussi un sérieux changement de cap. » C’est le message que plusieurs centaines de personnes provenant des mouvements communautaires, syndicaux, féministes et écologistes porteront, à 18 h 30, ce soir, lors d’un rassemblement organisé avant le débat des chefs à Radio-Canada.

Les organisations condamnent vigoureusement les politiques adoptées par le gouvernement conservateur. Elles l’accusent d’avoir fait preuve d’irresponsabilité dans le dossier des changements climatiques, d’avoir fermé les yeux sur le drame des femmes autochtones assassinées ou disparues, d’avoir ignoré les effets de l’abolition des armes à feu sur la violence faite aux femmes et d’avoir tenté de museler les groupes d’opposition, notamment en leur coupant les vivres. Elles le blâment pour avoir sabré les services publics dans la recherche scientifique, dans la culture et dans la radiodiffusion publique. Elles dénoncent ses attaques contre les droits syndicaux, la réduction des avantages fiscaux accordés aux fonds de travailleurs et la réforme de l’assurance-emploi qui a surtout pénalisé les femmes, les jeunes et les travailleurs et travailleuses précaires. Elles critiquent son choix d’augmenter l’âge de la retraite à 67 ans plutôt que de bonifier le Régime de pensions du Canada.

Les organisations affirment que le gouvernement conservateur a contribué à élargir les écarts de revenu au Canada en multipliant les privilèges fiscaux profitant surtout aux plus riches, comme le Compte d’épargne libre d’impôt (CELI) et le fractionnement du revenu entre conjoints, tout en ignorant la lutte contre la pauvreté, en coupant dans le logement social et en réduisant ses transferts aux provinces en matière de santé, d’éducation et de sécurité sociale. Elles pourfendent sa politique étrangère militariste, son obsession sécuritaire et son insensibilité à l’égard des personnes et des familles réfugiées.

Si elles souhaitent ouvertement la défaite du gouvernement conservateur, les organisations réclament cependant des changements plus profonds. Il faut, à leur avis, se défaire des politiques néo-libérales qui se sont implantées au Canada au cours des trente dernières années pour plutôt adopter, au Canada comme à l’étranger, une politique basée sur la justice sociale et environnementale, sur les droits de la personne, sur la démocratie, sur la paix, sur l’égalité, sur la reconnaissance et le respect des droits des peuples autochtones et sur une économie au service des personnes.

Les organisations impliquées dans le rassemblement sont le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), la Fédération des femmes du Québec (FFQ), la Confédération des syndicats nationaux (CSN), le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE), Alternatives, 350.org, la Coalition Vigilance Oléoducs, Coule pas chez nous et le Mur des femmes contre les Oléoducs. Plusieurs autres organisations appuient l’initiative.