Dernier relevé de Statistique Canada : Le taux de présence syndicale au Québec est de 39,5 %, comparé à 32,2 % au Canada - La FTQ représente 44 % des syndiqués québécois

Montréal, 19 mars 2000 - Le taux de présence syndicale au Québec en 1999 s’est établi à 39,5 % des salariés ayant un emploi, comparé à 32,2 % pour l’ensemble du Canada, révèle le dernier relevé annuel de Statistique Canada dont la FTQ a obtenu copie.

Il y a environ un million cent vingt-quatre mille (1 124 000) personnes protégées par une convention collective au Québec. La FTQ en représente le plus grand nombre, soit près d’un demi-million ou 44 % du total. Les syndicats indépendants suivent avec 22 %, la CSN avec 21 %, la CEQ avec 9 % et la CSD avec 4 %.

Le président de la FTQ, M. Henri Massé, souligne que le Québec se classe au deuxième rang des provinces canadiennes, juste derrière Terre-Neuve où le taux est de 40 % et avant le Manitoba où il est de 36,9 %. Dans la province voisine de l’Ontario, le taux n’est que de 28,1 %. Aux États-Unis, il dépasse à peine 15 %. Le taux de présence syndicale est le rapport entre le nombre de salariés couverts par une convention collective et l’ensemble des salariés en emploi.

Si l’on compare ces chiffres avec les données – révisées – de Statistique Canada pour l’année précédente (1998), le taux de présence syndicale au Québec a légèrement baissé, de trois dixièmes de point de pourcentage, soit de 39,8 % à 39,5 %. Quant au taux canadien, il a baissé davantage, de six dixièmes de point, soit de 32,8 % à 32,2 %. Le taux est en baisse dans toutes les provinces sauf à Terre-Neuve et au Manitoba. Le léger recul du taux de présence syndicale est surtout relié à la forte hausse de la population active, les nouveaux emplois se trouvant dans des secteurs peu ou pas syndiqués.

Priorité à la syndicalisation
Pour Henri Massé, « même si le Québec conserve un des taux de présence syndicale parmi les plus élevés en Amérique du Nord, la FTQ est vivement préoccupée par la tendance à la baisse depuis quelques années, comme c’est aussi le cas au Canada et aux États-Unis. C’est pourquoi nous avons réclamé si fort une réforme du Code du travail afin de faciliter l’accès à la syndicalisation, notamment pour les travailleurs et les travailleuses autonomes dépendant d’un seul employeur. La ministre du Travail, madame Diane Lemieux, a amorcé cette réforme. Nous attendons un projet de loi au cours des prochains mois. »

M. Massé ajoute : « Le principal défi du mouvement syndical est de s’implanter davantage dans le secteur tertiaire privé, parmi le personnel de bureau, de commerce et de services, là où se créent les nouveaux emplois. Pour y arriver, la FTQ a mis en œuvre de nouvelles stratégies de recrutement en collaboration avec ses affiliés. »

Nouveaux groupes de syndiqués
Parmi les nouveaux groupes récemment syndiqués à la FTQ, M. Massé mentionne les quelque 2 500 spécialistes d’Hydro-Québec, un groupe d’employés professionnels de la société d’État qui ont décidé de fonder un syndicat affilié au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).

Il mentionne aussi les 500 salariés du grand fabricant de disques compact et de CD-ROM Disque Améric, à Drummondville, qui viennent enfin de recevoir leur accréditation syndicale avec les TCA, après 23 mois d’attente résultant des délais permis par un Code du travail qui a grand besoin d’être révisé.

Les syndicats de la FTQ ont aussi recruté de nouveaux membres dans des secteurs comme les institutions financières (caisses Desjardins), les services culturels (librairies Renaud-Bray et Garneau), les loisirs (personnel d’accueil des cinémas), la restauration (Hélène de Champlain, Le Commensal, Marché Movenpick), l’hôtellerie, l’alimentation (tous les Loblaw), le commerce de détail (magasins Rona et Réno-Dépôt, lunetteries New Look), l’industrie du vêtement.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente près d’un demi-million de membres.

* Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active (EPA)

Source

  • FTQ
  • http://www.ftq.qc.ca

Renseignements

  • Louis Fournier
  • lfournier@ftq.qc.ca