Création d'une zone de libre-échange des Amériques - Les chefs des partis politiques doivent prendre position publiquement

Montréal, 7 novembre 2000 - Dans le cadre de la campagne électorale, une quarantaine d’organisations et de coalitions, membres du Réseau québécois sur l’intégration continentale (RQIC) et de Common Frontiers, lancent un appel pressant aux chefs des partis politiques pour qu’ils prennent position en faveur de la démocratisation du processus de négociation qui doit mener à la création, d’ici 2005, d’une vaste zone de libre-échange des Amériques.

« Une campagne électorale est une occasion de vérifier si les orientations politiques des partis rejoignent les préoccupations des citoyennes et des citoyens. Au moment où se multiplient les manifestations contre la mondialisation des marchés et où le Canada et le Québec s’apprêtent à recevoir le Sommet des 34 chefs d’États des Amériques, les chefs des partis politiques ont le devoir de donner l’heure juste », ont déclaré, en conférence de presse, au nom du RQIC et de Common Frontiers, les trois chefs des centrales syndicales québécoises CSN, CSQ et FTQ, Marc Laviolette, Monique Richard et Henri Massé, ainsi que Dorval Brunelle, chercheur et professeur de sociologie à l’UQÀM et Diana Bronson de Common Frontiers et Droits et Démocratie.

Ce matin, ces deux coalitions ont envoyé au Premier ministre Jean Chrétien, avec copie conforme aux chefs des autres partis de la Chambre des communes, une lettre leur demandant de se prononcer publiquement.

Débattre au grand jour
Prenant ici le relais de l’opération lancée par l’Alliance sociale continentale ‘ Libérez les textes ‘, les porte-parole du RQIC et de Common Frontiers ont dénoncé le secret qui entoure les négociations sur la création d’une zone de libre-échange des Amériques et exigé que les textes, les analyses et les rapports de négociation soient rendus publics. Les organisations civiles de toutes les Amériques sont inquiètes. « Il est impossible d’engager un débat sérieux sur la création d’une ZLEA si les populations concernées ne connaissent pas le contenu réel des négociations et si des composantes importantes de la société civile sont tenues à l’écart d’un processus dont on sait qu’il aura des répercussions énormes, entre autres, sur la souveraineté des peuples, les droits humains, les droits sociaux, le travail, les services publics, la culture et l’environnement », ont affirmé les porte-parole du RQIC et de Common Frontiers.

C’est pourquoi ils demandent aux chefs des partis politiques de se prononcer publiquement durant cette campagne électorale en faveur d’une démocratisation du processus de négociation de la ZLEA, de la reconnaissance de la primauté des accords, actes, déclarations et conventions internationales sur les droits humains, l’environnement et la protection de certaines activités sociales, économiques et culturelles dans une éventuelle entente, l’inclusion des normes fondamentales du travail et la reconnaissance du mouvement syndical, de Common Frontiers et du RQIC comme des représentants de la société civile participant au processus de négociation.

Un Sommet des peuples des Amériques
Cet appel pressant aux chefs des partis politiques est en quelque sorte la première étape d’un plan d’action culminant vers la tenue, à Québec les 17,18,19, 20 et 21 avril prochains, du Sommet des peuples des Amériques, le contrepoids du Sommet des 34 chefs d’États et de gouvernement des Amériques qui se déroulera les 21-22 avril à Québec.

Le Sommet des peuples des Amériques, qui réunira plus de mille représentants de la société civile de ces 34 pays ainsi que de Cuba, sera l’occasion de débattre d’un projet alternatif de zone de libre-échange des trois Amériques. Afin de ne pas laisser aux seuls diktats du commerce international l’épanouissement des populations des trois Amériques et creuser ainsi encore davantage l’écart entre les riches et les pauvres, ce projet vise à mettre de l’avant des clauses qui assureraient le développement social et culturel des populations ainsi que le respect des droits démocratiques et humains.

Cet événement s’inscrit dans un plan de campagne à la grandeur des Amériques, débattu et accepté par l’Alliance sociale continentale qui regroupe l’ensemble des coalitions et des organisations sociales,
communautaires, populaires et syndicales des Amériques.

Source

  • Réseau québécois sur l’intégration continentale (RQIC)
  • http://www.alternatives.ca/rqic/

Renseignements

  • rqic@alternatives.ca