Couperet dans le développement des régions et dans la concertation!

Pacte fiscal transitoire du gouvernement du Québec

Montréal, le 5 novembre 2014. – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) réagit vivement à l’annonce de l’abolition des centres locaux de développement (CLD) prévue dans le pacte fiscal que le gouvernement de Philippe Couillard s’apprête à signer avec les municipalités. La centrale dénonce la disparition de ces organismes efficaces qui ont fait leurs preuves en permettant un accompagnement de proximité et la naissance de projets et d’entreprises qui n’auraient certainement pas vu le jour autrement.

« Les CLD et les CDEC ont développé une très riche expertise en développement économique et communautaire. En étant fortement ancrés dans leur communauté et connaissant bien les populations et les secteurs qu’ils desservent, ils ont su, en concertation avec l’ensemble des acteurs de la société civile, développer tout le savoir-faire nécessaire pour jouer un rôle déterminant. En transférant ces tâches aux municipalités, le gouvernement prive l’ensemble des régions du Québec d’une expertise qui a fait ses preuves. Ça ne tient pas la route! », déplore le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux.

Celui-ci rappelle que les CLD et les CDEC sont aussi des acteurs importants dans l’accompagnement de projets d’économie sociale. Ils offrent un service de première ligne pour les entrepreneurs privés et collectifs (démarrage, croissance ou relève) favorisant le développement de l’emploi et des localités. Leurs conseils d’administration et leurs comités sont composés de membres de la société civile (entrepreneurs, investisseurs, travailleurs, élus). Cette composition offre une opportunité unique de réseautage et de mentorat qui fait la différence.

« Sous prétexte d’alléger les structures et de rapprocher les décisions de la population, le gouvernement de Philippe Couillard fait table rase d’années d’expertise et évacue le processus démocratique de concertation avec les acteurs du milieu, pourtant la richesse du modèle québécois en développement socioéconomique », dénonce Serge Cadieux.

Rappelons que le pacte fiscal prévoit l’abolition de 120 CLD au Québec, l’amputation de 55 % du budget qui leur était destiné (après une première coupe de 10 % cet automne) et transfère leurs responsabilités aux MRC. Les CDEC quant à elles verront leur budget considérablement amputé, fragilisant ainsi fortement leurs interventions et mettant en péril leur mission. « Avec l’ensemble des coupes annoncées, le développement local et régional sera privé de 67 millions de dollars. Comment peut-on penser que les MRC seront en mesure d’assumer ces nouvelles responsabilités avec si peu de moyens? Au bout du compte, on se demande si le Québec aura encore demain les moyens de développer ses régions », s’inquiète Serge Cadieux.

Un appel au gouvernement

La FTQ lance aussi un appel au gouvernement afin qu’il laisse aux MRC le soin de décider la manière dont elles assumeront ces nouvelles fonctions. « Si le gouvernement veut à tout prix décentraliser, qu’il laisse au moins cette marge de manœuvre aux MRC. On ne doute pas que celles-ci continueraient à travailler en collaboration avec les différents partenaires du développement économique et social, mais c’est à elles de décider si elles veulent ou non confier une partie de ces responsabilités en développement local à une autre entité », affirme Serge Cadieux.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses.