« Chaque fois que le dollar augmente de un cent, c’est 18 000 emplois manufacturiers qui disparaissent au Canada » – Henri Massé, président de la FTQ

La FTQ dénonce l’incurie du fédéral sur la question du dollar

OTTAWA, le 22 novembre 2007 — Témoignant devant le Comité permanent des Finances à Ottawa, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) a dénoncé l’incurie du gouvernement fédéral et de la Banque du Canada face à la hausse dévastatrice du dollar canadien.

« Le Québec a perdu 130 000 jobs depuis cinq ans – c’est un emploi sur cinq dans le secteur manufacturier. Il s’agit là de bons emplois, bien rémunérés, et qui ne reviendront pas si on continue de dormir au gaz à Ottawa », a déclaré le président de la FTQ, Henri Massé.



Pour la FTQ, le secteur manufacturier québécois et canadien souffrait déjà d’un certain retard sur le plan de ses équipements, mais la hausse immodérée du dollar crée une situation presque impossible pour beaucoup de producteurs. « Pourquoi réinvestir quand les coûts relatifs deviennent prohibitifs et qu’on se sait plus où s’en va le dollar? », a questionné le président de la FTQ.

La FTQ continue de demander un plan d’action ciblé pour moderniser le secteur, mais réclame d’urgence que le fédéral joue son rôle en s’assurant que les règles du jeu sur les marchés internationaux ne pénalisent pas le Canada de façon démesurée.

Le laisser-aller d’Ottawa coûte des emplois

« Chaque fois que le dollar augmente de un cent, c’est 18 000 emplois manufacturiers qui disparaissent au Canada. Mais à Ottawa, on semble banaliser le problème, puis on se renvoie la balle quant à savoir qui est responsable du dossier.

« La hausse démesurée du dollar n’est pas une fatalité, mais la conséquence directe de la spéculation sur le marché des changes. Le gouvernement Harper et la Banque du Canada ont des instruments pour endiguer le problème, qu’ils les utilisent;!», a ajouté M. Massé.

La FTQ demande à ce que la Banque du Canada cesse de se faire une obsession à propos d’une inflation qui n’existe pas, et qu’elle prenne connaissance du vrai problème que pose la hausse du dollar. « À des circonstances exceptionnelles, il y a peut-être lieu d’examiner des mesures exceptionnelles avant qu’il ne soit trop tard », a indiqué le président de la FTQ.

Finalement, la FTQ demande à ce que le fédéral examine l’imposition de tarifs compensatoires sur les importations en provenance de pays qui manipulent ouvertement leur devise, telle la Chine, pour en tirer un avantage concurrentiel. Ces tarifs seraient parfaitement légaux en vertu des règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et Ottawa enverrait finalement un message clair qu’on n’accepte plus n’importe quoi.

La FTQ est la plus grande centrale syndicale québécoise avec plus de un demi-million de membres.

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Source : FTQ
Information : Jean Laverdière, 514 893-7809