« Budget Séguin : un remède de cheval administré au mauvais patient » - Henri Massé, président de la FTQ

Québec, le 12 juin 2003 – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) déplore que l’exercice budgétaire présenté par le ministre Yves Séguin cet après-midi repose entièrement sur l’hypothèse hautement contestable d’une impasse budgétaire de 4,3 milliards de dollars. « En administrant un remède de cheval à un patient qui n’est pas en si mauvais état, on est en train de le rendre encore plus malade », a déclaré le président de la FTQ, M. Henri Massé, dans une allusion bien sentie à l’ampleur des compressions annoncées qui ont presque doublé par rapport au dernier budget Marois.

La FTQ n’est certes pas opposée au changement, lorsque celui-ci est porteur de progrès. « Ce qui nous déplaît le plus, dans ce budget, c’est la teneur du discours. On nous présente ça comme si on avait vécu sous 8 années de social-démocratie fort généreuses alors que durant la majeure partie des deux derniers mandats du PQ, on a vécu des périodes de compressions très importantes », a souligné M. Massé.

« On a mangé le gras, on a sucé l’os, on a tété la moelle et là on nous propose un jeûne pour ramener le patient .»

La FTQ considère que subsistent des problèmes considérables dans l’industrie du bois d’œuvre, de la foresterie, de la viande bovine, des pêches, dans la 2e et la 3e transformation et aurait espéré des mesures pour diminuer le taux de chômage en région. « Là, on se retrouve devant rien pour améliorer le sort des personnes en région. C’est déplorable. Pire, on coupe dans les programmes existants ».

Le dirigeant syndical comprend mal qu’on ait fait table rase de mesures annoncées le 11 mars au chapitre du développement régional, de la formation professionnelle, de l’insertion en emploi des travailleurs âgés, de la lutte à la pauvreté.

« Qu’en plus le ministre décrète une baisse des crédits d’impôt pour la transformation en région ressource, hausse de 400 % le plancher de la masse salariale en deçà duquel les entreprises ne sont pas tenues de consacrer 1 % à la formation de la main-d’œuvre et maintienne l’incertitude sur le maintien de l’universalité des programmes de services de garde, ça envoie un très mauvais signal sur les nouvelles façons de faire préconisées par ce gouvernement », a ajouté M. Massé.

Pour ce qui est des grands dossiers de l’équité salariale dans le secteur public et de la prochaine négociation, la FTQ s’inquiète de l’impact que les quelque 800 millions de compressions annoncées auront sur leur issue.

En santé et en éducation — les deux premières priorités claironnées par les libéraux durant toute la campagne électorale — il y a loin de la coupe aux lèvres. En santé, on retrouve des montants à peu de choses près similaires à ceux du budget Marois, alors qu’en éducation le budget est inférieur de quelque 200 millions de dollars. « Il faut plus que des discours sur les priorités, encore faut-il mettre de la chair autour de l’os en termes budgétaires », a indiqué Henri Massé.

La FTQ fera connaître sa réaction de manière plus détaillée une fois les crédits connus et analysés.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres.

Source

  • FTQ
  • http://ftq.qc.ca

Renseignements

  • Louis Cauchy
  • lcauchy@ftq.qc.ca